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Mondial 2026 : Abdoulaye Fall s’attaque au médecin pour masquer les échecs de la Fédération.

La Coupe du monde 2026 restera comme une immense désillusion pour le football sénégalais. Mais au-delà de l’élimination des Lions, c’est surtout la gestion de l’après-Mondial qui continue d’alimenter la polémique. La récente conférence de presse du président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, en est une parfaite illustration.

Au lieu de privilégier un discours rassembleur et d’assumer la part de responsabilité de la Fédération dans cet échec, Abdoulaye Fall a surpris de nombreux observateurs en évoquant le profil du médecin de l’équipe nationale, laissant entendre que sa spécialité de gynécologue pouvait expliquer certaines insuffisances médicales au sein de la sélection.

Cette sortie a été largement perçue comme maladroite et injuste envers le Dr Fédior. Car réduire un professionnel de santé à sa spécialité médicale revient à ignorer l’ensemble de son parcours et de ses qualifications. Le Dr Fédior est titulaire d’un Diplôme d’études spécialisées (DES) en médecine et biologie du sport, délivré par la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), une qualification qui l’habilite précisément à exercer dans le domaine de la médecine sportive.

Au lieu d’ouvrir un débat sérieux sur l’organisation médicale de la sélection nationale, cette déclaration a donné le sentiment que la Fédération cherchait un responsable extérieur à ses propres insuffisances. Pour beaucoup de Sénégalais, il s’agit d’une stratégie de diversion destinée à détourner l’attention des véritables questions : la préparation de l’équipe, les tensions internes, les décisions administratives et les nombreux dysfonctionnements évoqués durant le séjour de la délégation sénégalaise aux États-Unis.

Le rôle d’un président de fédération est pourtant de protéger son institution et les femmes et les hommes qui la servent, surtout lorsque ceux-ci disposent des compétences requises pour exercer leurs fonctions. En exposant publiquement le médecin de l’équipe nationale, Abdoulaye Fall a pris le risque d’affaiblir davantage une Fédération déjà fragilisée par les critiques.

Son attitude interroge également sur sa conception du leadership. Dans les périodes de crise, les grands dirigeants assument leurs responsabilités avant de chercher celles des autres. Ils fédèrent, rassurent et prennent de la hauteur. Ils ne donnent pas l’impression de rechercher un bouc émissaire.

L’arrivée d’Abdoulaye Fall à la tête de la Fédération sénégalaise de football avait pourtant suscité de nombreux espoirs. Après plusieurs années de gouvernance sous Augustin Senghor, une partie importante de l’opinion souhaitait voir émerger une nouvelle dynamique. Son élection s’est accompagnée d’une forte visibilité médiatique, portée par les réseaux sociaux, plusieurs émissions de télévision et le soutien de nombreuses personnalités du football. Il avait également réussi à rallier une grande partie des dirigeants du football sénégalais autour de sa candidature.

Aujourd’hui, quelques mois seulement après son accession à la présidence de la FSF, les attentes semblent laisser place aux interrogations. La gestion de la crise née de l’élimination au Mondial apparaît, pour beaucoup, comme un premier véritable test de leadership. Or, les différentes prises de parole des dirigeants fédéraux donnent davantage l’image d’une institution en quête de justifications que d’une équipe dirigeante engagée dans une véritable autocritique.

Le football sénégalais mérite mieux que des polémiques médiatiques. Il mérite une gouvernance transparente, responsable et capable de reconnaître ses erreurs. Les Sénégalais n’attendent pas que l’on désigne des coupables à chaque contre-performance ; ils attendent des dirigeants qu’ils rendent des comptes, qu’ils proposent des solutions et qu’ils travaillent à restaurer la confiance.

La crédibilité d’une institution se mesure moins à sa capacité à célébrer les victoires qu’à son aptitude à assumer les défaites. C’est précisément sur ce terrain que la Fédération sénégalaise de football est aujourd’hui attendue.

TASS XIBAAR

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