FONDS POLITIQUES DE LA PRIMATURE : ELIMANE POUYE SORT LA GROSSE ARTILLERIE CONTRE ALY NGOUILLE NDIAYE
« Affirmations gratuites ! » Le DG de la SOGEPA démonte la sortie de l’ancien ministre et relance le débat sur l’usage des fonds politiques
La polémique sur les fonds politiques de la Primature prend une nouvelle tournure. Après la sortie médiatique d’Aly Ngouille Ndiaye, qui a affirmé qu’Ousmane Sonko serait le premier et le seul Premier ministre à avoir disposé de fonds politiques, Elimane Pouye contre-attaque. Le directeur général de la SOGEPA juge l’affirmation catégorique, imprudente et surtout déconnectée de la réalité des documents budgétaires. Pour lui, le véritable fait inédit n’est pas l’existence de ces fonds, mais la reconnaissance publique de leur existence par l’ancien Premier ministre.
La réplique est cinglante
« Affirmations gratuites ! » Le ton est donné. Elimane Pouye n’a pas choisi la voie diplomatique pour répondre à Aly Ngouille Ndiaye. Dans une sortie au vitriol, le DG de la SOGEPA s’attaque frontalement à l’ancien ministre, dont le parcours et les responsabilités passées auraient pourtant dû, selon lui, imposer davantage de retenue.
Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre ayant dirigé plusieurs départements, a affirmé sur un plateau de télévision que l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko était le premier, et donc le seul, chef du gouvernement à avoir bénéficié de fonds politiques.
Une déclaration qui, compte tenu du profil de son auteur, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Mais pour Elimane Pouye, cette affirmation ne résiste pas à l’examen des documents budgétaires.
« Il suffisait de comparer les budgets »
Pour étayer son argumentaire, le DG de la SOGEPA invite à revenir aux chiffres. Il estime qu’une simple comparaison des budgets de la Primature pour les exercices 2023, 2024 et 2025 permet de constater que la nomenclature des crédits est restée globalement identique.
Les variations enregistrées, explique-t-il, seraient principalement liées aux changements institutionnels et au rattachement ou au détachement de certains services de la Primature.
Autrement dit, selon lui, l’existence de crédits destinés à certaines dépenses spécifiques ne serait pas une invention récente liée à l’arrivée d’Ousmane Sonko à la Primature.
Sonko, le « premier » à avoir reconnu l’existence des fonds
Pour Elimane Pouye, c’est là que se trouve le véritable fait nouveau.
Ousmane Sonko serait le premier ancien Premier ministre à avoir reconnu publiquement que le budget de la Primature comportait des fonds politiques, en indiquant leur enveloppe et leur vocation générale.
Une reconnaissance qui, selon le responsable de la SOGEPA, devrait plutôt conduire à une autre interrogation : si ces crédits existaient déjà, qu’en ont fait les précédents Premiers ministres ?
C’est précisément cette question que les débats actuels semblent, à ses yeux, occulter.
Elimane Pouye ne s’arrête pas là. Il s’en prend également à ceux qui tentent de réduire la controverse à des calculs sur les montants semestriels, les fractions journalières ou les différentes ventilations des crédits.
Une manière, selon lui, de « cannibaliser » le véritable débat.
Pour le DG de la SOGEPA, l’enjeu est ailleurs : il s’agit de savoir comment sont encadrés les fonds publics, quelles sont leurs règles d’utilisation et quels mécanismes de contrôle doivent s’appliquer.
« Palabrons, sans dogme ni suspicion »
Sur cette question, Elimane Pouye appelle à un débat dépassionné. Il rappelle que la gestion de l’argent public est une question d’intérêt national et qu’elle doit pouvoir être discutée dans le cadre démocratique.
Il estime que la majorité parlementaire a exposé ses arguments et que le chef de l’État a, de son côté, assumé sa position.
Pour lui, le débat peut donc se poursuivre : pour ou contre, favorable ou hostile, chacun doit pouvoir défendre son point de vue sans tomber dans les procès d’intention.
« De la discussion jaillit la lumière », résume-t-il, invitant les acteurs à faire de l’argumentation leur seule boussole.
Mais Elimane Pouye termine sa charge par une pique politique. À l’en croire, certains acteurs seraient encore enfermés dans les schémas du passé et peineraient à trouver leur place dans la nouvelle configuration politique.
Il évoque des acteurs « déboussolés », toujours attachés à des « souvenirs déjà vécus » et qui chercheraient désespérément leur chemin.
Derrière la polémique sur les fonds politiques, c’est donc un autre procès qui s’ouvre : celui des pratiques anciennes, de la transparence dans la gestion des deniers publics et de la capacité des acteurs politiques à s’adapter aux nouvelles exigences démocratiques.