FONDS POLITIQUES : LA SORTIE DE SOULEYMANE NDÉNÉ NDIAYE QUI ÉBRANLE LA VERSION D’ALY NGOUILLE NDIAYE
Alors qu’Aly Ngouille Ndiaye affirme qu’Ousmane Sonko serait le premier Premier ministre à avoir bénéficié de fonds spéciaux, une déclaration de Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien chef du gouvernement sous Abdoulaye Wade, semble raconter une tout autre histoire. Les fonds politiques, longtemps entourés de discrétion, se retrouvent au cœur d’une nouvelle polémique.
Deux déclarations, deux versions, une même question : qui dit vrai sur les fonds politiques ? La polémique enfle autour des ressources mises à la disposition des autorités publiques, après une sortie d’Aly Ngouille Ndiaye affirmant qu’Ousmane Sonko aurait été le premier chef du gouvernement sénégalais à bénéficier de fonds spéciaux
L’ancien ministre de l’Intérieur, qui s’exprimait sur cette question, a soutenu que le Premier ministre actuel aurait été une première dans l’histoire récente de l’Exécutif. Une affirmation qui ne résiste toutefois pas, à première vue, à une déclaration publique faite par un ancien Premier ministre.
SOULEYMANE NDÉNÉ NDIAYE : « ON ME DONNAIT MES FONDS POLITIQUES »
Le témoignage de Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien Premier ministre sous le régime d’Abdoulaye Wade, vient en effet jeter le trouble. Invité de l’émission Faram Facce, le 2 avril 2025, il avait livré un témoignage particulièrement précis sur le fonctionnement de ces fonds.
« Même quand j’étais directeur de cabinet du président de la République, j’avais déjà des fonds politiques. Chaque fin du mois, on me donnait mes fonds politiques », avait-il déclaré.
Une affirmation qui situe l’existence de ces ressources bien avant l’arrivée d’Ousmane Sonko à la Primature.
Mais l’ancien chef du gouvernement ne s’était pas arrêté là. Il avait également expliqué comment il percevait ces fonds une fois nommé Premier ministre.
« Quand j’étais Premier ministre, tous les trois mois, c’est un chèque qu’on signait pour moi », avait-il expliqué. Selon son récit, le processus impliquait directement l’aide de camp et le président de la République.
« L’aide de camp établissait le chèque, Me Wade signe, puis Birame Thiam m’amène l’argent en liquide », avait-il encore détaillé.
UNE CONTRADICTION QUI RELANCE LE DÉBAT
Ces propos, tenus publiquement par un ancien Premier ministre, semblent donc contredire l’affirmation selon laquelle Ousmane Sonko aurait été le premier chef du gouvernement à bénéficier de fonds spéciaux.
Au-delà de la bataille des déclarations, c’est toute la question de la nature, de l’utilisation et de la traçabilité des fonds politiques qui revient au-devant de la scène. Pendant longtemps, ces ressources ont évolué dans une zone de forte discrétion, alimentant régulièrement interrogations et controverses.
La polémique actuelle prend une dimension particulière dans le contexte politique actuel. Depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe, la gestion des finances publiques, la transparence et la reddition des comptes sont devenues des thèmes centraux du discours gouvernemental.
Dès lors, toute révélation ou déclaration relative aux fonds politiques est scrutée avec une attention particulière.
LE DÉBAT SUR LA TRANSPARENCE RELANCÉ
La question n’est donc plus seulement de savoir si Ousmane Sonko a bénéficié ou non de fonds spéciaux. Elle porte également sur l’existence d’un mécanisme similaire sous les précédents régimes et sur les conditions dans lesquelles ces ressources étaient attribuées et utilisées.
Le témoignage de Souleymane Ndéné Ndiaye apporte, à cet égard, un élément de taille dans le débat. Ses déclarations décrivent un système dans lequel des fonds étaient effectivement mis à la disposition du Premier ministre, avec un versement périodique et une implication directe de la présidence.
