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Affaire Ndèye Fatou Mbodj : la liberté de choisir son camp est-elle devenue un crime ?

Depuis l’éclatement de Pastef, marqué par le limogeage d’Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye, le Sénégal assiste à une multiplication des prises de position de responsables politiques et de militants qui choisissent désormais leur camp.

Dans cette nouvelle bataille politique, les responsables qui affichent leur soutien au président Diomaye Faye sont régulièrement la cible d’insultes, d’invectives et de campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux. Pour certains militants restés fidèles à Ousmane Sonko, toute voix discordante semble désormais considérée comme une trahison.

La dernière personnalité visée est Ndèye Fatou Mbodj, administratrice générale du FONGIP. Après son passage sur Walf TV, où elle a formulé des critiques à l’endroit d’Ousmane Sonko, elle a fait l’objet d’une vague d’attaques et d’insultes de la part de militants favorables à l’ancien Premier ministre, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale grâce à la majorité parlementaire de Pastef.

Parmi les voix les plus virulentes figure la journaliste Mamy Samb, de Sans Limites TV, qui s’est une nouvelle fois illustrée par une défense sans réserve d’Ousmane Sonko. À travers ses interventions, elle semble davantage jouer le rôle d’une militante que celui d’une journaliste soucieuse de distance et d’équilibre. Elle s’autorise à donner des leçons à l’administratrice du FONGIP, alors que les chroniqueurs et animateurs de sa propre chaîne sont régulièrement accusés de s’en prendre personnellement à des responsables et à des citoyens.

Cette indignation sélective interroge. Pourquoi tant de fermeté contre une responsable publique qui exprime librement son opinion, alors qu’aucune question n’est posée sur des sujets pourtant d’intérêt public ? Par exemple, les fonds politiques dont aurait bénéficié Ousmane Sonko, estimés à 1,7 milliard de francs CFA par an durant deux années, n’ont suscité ni indignation ni véritable interpellation de la part de ceux qui se présentent aujourd’hui comme les gardiens de la morale publique.

Une autre question mérite également d’être posée. Lorsque Ousmane Sonko était dans l’opposition, il promettait la suppression des fonds politiques. Aujourd’hui qu’il préside l’Assemblée nationale, compte-t-il également renoncer aux moyens financiers attachés à cette institution, souvent qualifiés de « caisse noire » par ses détracteurs ? Les citoyens sont en droit d’attendre une réponse claire.

Les informations faisant état de nombreux recrutements de responsables, d’anciens ministres, d’anciens directeurs, d’anciens conseillers et de militants de Pastef au sein de son cabinet alimentent également le débat sur la cohérence entre les engagements d’hier et les pratiques d’aujourd’hui.

Au-delà des divergences politiques, une question fondamentale demeure : chacun est-il encore libre de choisir son camp sans être insulté ou diabolisé ? Ndèye Fatou Mbodj a fait le choix de soutenir le président Bassirou Diomaye Faye. Ce choix lui appartient et mérite d’être respecté, comme devrait l’être celui de tout responsable politique.

Le véritable enjeu dépasse les personnes. Il concerne le respect du pluralisme, de la liberté d’expression et de la démocratie interne. Une formation politique qui aspire à gouverner durablement ne peut exiger une fidélité absolue au détriment du droit à la divergence.

Dans une démocratie, le débat d’idées doit remplacer les attaques personnelles. Les désaccords politiques sont légitimes. Les campagnes d’insultes et les intimidations ne le sont pas.

I.D, Citoyen sénégalais

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