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Référendum sur la révision constitutionnelle : le « Oui » de PASTEF n’est pas garanti.

La majorité parlementaire de PASTEF a adopté la loi de révision constitutionnelle avec 129 voix favorables. Le gouvernement était représenté par le ministre de la Justice, Moussa Sarr, chargé de défendre les quatre amendements proposés par l’exécutif. Fait notable : ces amendements ont tous été rejetés par les députés de la majorité.

À l’issue du vote, Ousmane Sonko a demandé au président Bassirou Diomaye Faye de promulguer la loi. Le chef de l’État, lui, semble privilégier la voie référendaire afin de soumettre le texte directement au peuple sénégalais.

Au sein de PASTEF, beaucoup considèrent qu’un référendum serait une simple formalité et que le « Oui » l’emporterait sans difficulté. Cette certitude mérite pourtant d’être nuancée.

Les chiffres invitent à la prudence.

Lors de la présidentielle du 24 mars 2024, la coalition portée par Bassirou Diomaye Faye a obtenu 2 434 751 voix, soit 54,28 % des suffrages exprimés et environ 33 % du corps électoral. Quelques mois plus tard, lors des législatives du 17 novembre 2024, PASTEF a recueilli 1 991 770 voix, soit 54,97 % des suffrages exprimés, mais seulement environ 27 % du corps électoral, dans un contexte de forte abstention.

Entre les deux scrutins, le parti a donc perdu près de 443 000 électeurs, soit une baisse d’environ 12 % des suffrages exprimés en valeur absolue.

Un référendum n’est jamais une simple élection.

Il devient souvent un vote pour ou contre le pouvoir en place. La baisse de participation observée lors des législatives montre qu’une partie de l’électorat de mars 2024 ne s’est pas remobilisée. À cela s’ajoutent les tensions internes au sein de PASTEF, qui peuvent entraîner une redistribution des voix, ainsi que le poids des abstentionnistes, plus de 3,7 millions d’électeurs lors des législatives, dont le comportement reste imprévisible.

Dire aujourd’hui que le « Oui » passerait automatiquement si le président décidait de soumettre le texte au référendum me paraît donc prématuré. PASTEF demeure la première force politique du pays, mais les données électorales montrent que sa domination ne signifie pas une adhésion massive de l’ensemble du corps électoral.

Le « Oui » partirait sans doute favori. Mais prétendre qu’il est déjà acquis reviendrait à sous-estimer la volatilité de l’électorat sénégalais et la capacité d’un référendum à devenir un véritable test politique pour le pouvoir.

IBRAHIMA DIOUF

ECONOMISTE – STATISTICIEN

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