Pikine se mobilise pour un « Hivernage Zéro Paludisme»
À Diamaguène, cœur battant de la banlieue dakaroise, un mot résonnait hier comme un mot d’ordre : espoir. Sous le sigle HOP, pour « Hivernage Zéro Paludisme », qui évoque aussi le mot anglais hope, les ministres de la Santé et de la Famille ont lancé une vaste campagne pour contenir une maladie qui reste, année après année, un fléau dans la zone.
3113 cas pour 3 décés en 2024
Selon les statistiques sanitaires de 2024, Pikine a recensé 3 113 cas confirmés de paludisme, dont 3 décès. Les deux districts de Mbao et Pikine se partagent presque à parts égales le poids de cette charge : 1 568 cas pour Mbao, 1 545 pour Pikine. Les taux d’incidence, 3,47 ‰ à Pikine et 3,37 ‰ à Mbao, placent la banlieue parmi les foyers les plus actifs du pays. Ces chiffres ne sont pas que des données brutes : derrière eux se cachent des familles bouleversées, des enfants absents de l’école, des ménages ruinés par des dépenses de santé imprévues. Et chaque hivernage, les pluies lourdes, conjuguées à un déficit d’assainissement et à une prévention encore fragile, relancent la spirale. Pour organiser la riposte, trois piliers sont mises en place à travers le programme HOP. Ces trois volets consistent en la sensibilisation communautaire pour inculquer les bons réflexes de prévention ; la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées, avec une attention particulière aux familles vulnérables ; le saupoudrage et le délarvage dans les zones les plus exposées, menés avec le Service national d’hygiène. Parallèlement, les structures sanitaires renforceront la prise en charge précoce des cas, avec un rôle accru des relais communautaires.
Un contexte sanitaire tendu
Cette initiative conjointe des ministères de la Santé et de la Famille, intervient alors que le pays est déjà en alerte face à la progression de la fièvre de la Vallée du Rift dans le Nord. Pour les autorités, cette coïncidence rappelle la fragilité du système de santé et la nécessité d’approches intégrées. « Lutter contre le paludisme, c’est aussi renforcer nos capacités à affronter d’autres menaces », a insisté le Dr Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Action sociale.
Un effort collectifMaïmouna Dièye, la ministre de la Famille et des Solidarités a salué l’engagement des élus et des députés de Pikine, citant particulièrement Babacar Ndiaye, ainsi que la mobilisation des médecins, agents d’hygiène et associations locales. « Le paludisme recule lorsque chaque foyer dort sous une moustiquaire et lorsque chaque quartier s’engage dans l’assainissement », a-t-elle martelé.Au-delà du paludisme, la cérémonie a aussi été l’occasion d’un geste solidaire envers les familles récemment touchées par les inondations : des kits alimentaires ont été remis via le Fonds de solidarité nationale.