Affaire Abbé Pierre : 12 nouvelles accusations de violences sexuelles, dont 7 sur mineurs
Un an après les premières révélations, l’abbé Pierre, icône historique de la lutte contre la pauvreté, est désormais visé par douze nouvelles accusations de violences sexuelles, selon un rapport publié mercredi par le cabinet spécialisé Egaé. Parmi ces nouveaux témoignages, sept concernent des personnes mineures au moment des faits. Avec ces nouveaux signalements, le nombre total de victimes présumées s’élève désormais à 45, dont plusieurs évoquent des faits remontant aux années 1950 à 1990.
Henri Grouès, dit l’abbé Pierre, décédé en 2007, demeure une figure tutélaire d’Emmaüs, mouvement qu’il a fondé en 1949. Face à l’ampleur des accusations, Emmaüs et la Conférence des évêques de France (CEF) ont annoncé la création conjointe d’un dispositif de réparation financière, opérationnel à partir de septembre 2025. Celui-ci sera porté par la Commission reconnaissance et réparation (CRR), déjà mobilisée depuis les révélations sur les abus dans l’Église en 2021. Parmi les témoignages anonymisés recueillis dans le rapport figurent ceux de deux sœurs. L’une affirme avoir subi une masturbation de l’abbé Pierre à l’âge de 11 ans dans les années 1970 ; sa sœur rapporte avoir été contrainte à une fellation à 15 ans, ce qui relève du viol. Une autre femme évoque au moins trois faits d’abus subis à l’âge de 10 ans dans les années 1990. Une dernière victime raconte une agression en 1953 dans un train, alors qu’elle n’avait que 17 ans. Emmaüs précise que la prise en charge financière sera assurée par les fonds propres de l’association et ceux de la CEF, dans une logique de responsabilité partagée : « À partir de 1954, l’abbé Pierre devient une figure publique, indissociablement liée à son sacerdoce et à la fondation d’Emmaüs », rappelle le communiqué. Parallèlement, l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) s’est engagée à prendre en charge les trois victimes déjà identifiées. Les deux instances (CRR et Inirr) peuvent proposer des réparations financières pouvant atteindre 60 000 euros. En interne, Emmaüs a également mis en place une commission de recherche historique, dont les conclusions sont attendues pour début 2027. L’association affirme vouloir franchir « une nouvelle étape, avec un dispositif complet au service des victimes ».