QUAND LA PASSION AVEUGLE : le procès injuste fait à Ismaïla Sarr.
Les matchs de l’équipe nationale du Sénégal suscitent toujours énormément de réactions. À tel point qu’on finit parfois par se demander si les 19 millions de Sénégalais ne seraient pas tous des entraîneurs !
À l’issue de la rencontre entre le Sénégal et la France, soldée par une victoire des Bleus (3-1) lors de cette Coupe du monde 2026, une vague de critiques s’est abattue sur Ismaïla Sarr. La raison ? Une occasion manquée en fin de première période, qui aurait pu permettre aux Lions d’ouvrir le score.
Oui, un joueur peut être critiqué. C’est la loi du sport de haut niveau. Mais vouloir faire porter à Ismaïla Sarr l’entière responsabilité de cette défaite relève d’une méconnaissance du football.
Il faut le reconnaître : au Sénégal, si le football est une véritable passion nationale, beaucoup suivent également le mouvement sans forcément maîtriser les subtilités du jeu, préférant souvent la critique facile à l’analyse approfondie.
Pourtant, Ismaïla Sarr est sans conteste l’attaquant sénégalais le plus performant de cette saison. Avec Crystal Palace, il a réalisé un exercice exceptionnel, tant sur le plan du jeu que des statistiques :
• 21 buts et 3 passes décisives toutes compétitions confondues ;
• 9 buts inscrits en Premier League, où il s’est imposé comme un élément clé du système d’Oliver Glasner ;
• Meilleur buteur de l’UEFA Conference League, avec des réalisations à chaque tour à élimination directe ;
• Élu Joueur de la saison 2025-2026 de l’UEFA Conference League, ainsi que joueur de l’année par les supporters et les joueurs de Crystal Palace.
Au-delà des statistiques, Ismaïla Sarr possède cette capacité rare à se créer des occasions par lui-même. Certes, comme tout attaquant, il peut manquer des opportunités. Mais son apport au collectif reste fondamental.
Si Ibrahima Mbaye a réussi une entrée remarquée en mettant en difficulté Théo Hernandez, c’est aussi parce qu’Ismaïla Sarr avait énormément sollicité le latéral français durant la première période. Son travail d’usure a pesé dans le match.
Malheureusement, certains observateurs ont une vision trop réductrice du football. Ils oublient qu’un joueur peut être déterminant sans ballon. Face à la France, les replis défensifs d’Ismaïla Sarr ont été précieux, notamment pour Crépin Diatta, aligné au poste de latéral droit. L’équilibre défensif de l’équipe dépendait en grande partie de ces efforts.
Espérons que le sélectionneur Pape Thiaw ne cédera pas à la pression populaire ni aux critiques excessives visant injustement certains joueurs.
Pour ma part, si j’étais à sa place, je n’hésiterais pas à repositionner Ismaïla Sarr dans l’axe de l’attaque, en lieu et place de Nicolas Jackson, dont les performances en sélection continuent d’interroger.
TASS XIBAAR