Ouverture session extraordinaire ’Assemblée nationale enclenche la croisade anti-corruption
Transparence, gouvernance, reddition des comptes : la 14ᵉ législature a ouvert hier sa première session extraordinaire de l’année 2025 avec une feuille de route ambitieuse. Sous la présidence d’El Malick Ndiaye, les députés ont entamé les travaux autour de quatre projets de loi phares : la création d’un nouvel Office national de lutte contre la corruption, la protection des lanceurs d’alerte, l’accès à l’information et la déclaration de patrimoine.
Un signal fort du pouvoir législatif
Avec 99 députés présents, le quorum a été atteint, permettant l’ouverture des débats conformément au décret présidentiel du 31 juillet 2025. L’objectif affiché est clair : rompre avec les pratiques opaques du passé et doter le pays de mécanismes plus efficaces pour garantir une gouvernance exemplaire.« L’Ofnac avait fini par ressembler à un parquet bis, avec des pouvoirs exorbitants », a lancé Me Abdoulaye Tall, qui plaide pour une administration impartiale, neutre et indépendante.
La déclaration de patrimoine, au cœur des critiques
Les discussions ont vite révélé la sensibilité de la question liée à la déclaration obligatoire de patrimoine. Certains élus dénoncent un système qui expose inutilement les assujettis sans véritablement renforcer la transparence. « Tous ces dispositifs doivent être revus dans le sens d’une meilleure efficacité », a estimé Mbaye Dione, député et secrétaire général de l’Alliance des Forces du Progrès (Afp), rappelant que la Constitution encadre déjà cette exigence.
Les lanceurs d’alerte, un chantier sensible
Autre dossier brûlant : le statut des lanceurs d’alerte. Mbaye Dione a reconnu leur rôle crucial dans la lutte contre les dérives possibles, mais a mis en garde contre les abus. « Il ne faudrait pas que cette mission devienne une chasse aux sorcières. Les lanceurs d’alerte doivent servir l’État et non s’en servir », a-t-il insisté, soulevant des réserves sur une éventuelle rémunération.
Dans les rangs progressistes, la revendication d’une véritable autonomie des organes de contrôle a fortement résonné. Certains députés appellent à libérer les institutions anticorruption de toute tutelle politique, afin de renforcer leur crédibilité et leur efficacité. Cette session extraordinaire marque donc un tournant dans la volonté affichée de refonder l’architecture de transparence publique. Reste à savoir si ces réformes ambitieuses sauront dépasser les débats de principe pour s’incarner dans une pratique concrète, capable de restaurer durablement la confiance des Sénégalais dans leurs institutions.