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GAZ SÉNÉGALAIS – Les dessous d’un retrait négocié : l’État reprend la main sur Yakaar-Teranga


Dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil, le Directeur général de Petrosen Holding, Alioune Guèye, lève le voile sur les véritables raisons du départ de Kosmos Energy du stratégique bloc gazier Yakaar-Teranga. Une sortie loin d’être improvisée, fruit d’un bras de fer mené par l’État sénégalais.
Face aux interrogations suscitées par la reprise du bloc Yakaar-Teranga, Alioune Guèye se veut catégorique : il ne s’agit ni d’un désengagement spontané ni d’un revers pour le Sénégal, mais bien de l’aboutissement d’un processus de renégociation engagé dès l’arrivée des nouvelles autorités.
Au cœur de cette stratégie, une commission mise en place par le Premier ministre Ousmane Sonko, qui a fait de ce dossier une priorité nationale. L’enjeu est de taille : sécuriser un gisement appelé à jouer un rôle clé dans la souveraineté énergétique du pays et à impulser son industrialisation.
Dans ce dossier sensible, l’État n’a pas tremblé. Trois options juridiques ont été clairement posées sur la table des négociations : un retrait volontaire négocié, une résiliation unilatérale du contrat ou, en ultime recours, un arbitrage international. Une posture assumée, traduisant la volonté de Dakar de défendre ses intérêts sans concession.
« Ce retrait est le résultat des renégociations entamées depuis l’avènement du nouveau régime », a martelé le patron de Petrosen Holding, avant d’enfoncer le clou : « Il nous fallait ce bloc, et ils ont accepté ».
Derrière l’annonce officielle d’un départ volontaire de Kosmos Energy, se cache en réalité une manœuvre diplomatique. Selon Alioune Guèye, l’État sénégalais a consenti à laisser à la compagnie américaine le soin de communiquer elle-même sur son retrait, afin de ne pas fragiliser sa position sur les marchés financiers.
Une manière élégante de préserver les apparences, après un rapport de force que Dakar assure avoir remporté sur le fond. Résultat : le Sénégal consolide son contrôle sur un actif stratégique, tout en évitant un contentieux international potentiellement coûteux.

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