| | |

Garage malien de Mbao : la chute de la « baronne du kush»

Derrière le comptoir d’une petite boutique presque invisible au cœur du garage dit malien de Mbao, se jouait un scénario bien plus sombre qu’il n’y paraissait. À 29 ans, Rouguiatou B., commerçante en apparence sans histoire, menait en réalité une double vie. Celle d’une femme présentée aujourd’hui comme le cerveau d’un réseau structuré de vente de kush, une drogue hallucinogène aux effets dévastateurs, dont la progression inquiète de plus en plus les autorités et les familles.

Dans ce grand carrefour informel où se croisent mécaniciens, vendeurs ambulants et manœuvres, peu de gens se doutaient que la silhouette discrète de Rouguiatou dissimulait une redoutable organisation. D’après la publication de l’observateur, la jeune femme maîtrisait parfaitement les circuits d’approvisionnement et de distribution du kush, une substance en provenance de la Guinée et du Mali, désormais au centre de nombreuses alertes sanitaires en Afrique de l’Ouest. Le journal révèle que l’affaire a éclaté à la suite de renseignements transmis par des agents spécialisés à la Brigade de recherches de Keur Massar. À l’origine, des parents à bout de nerfs, témoins impuissants de la déchéance progressive de leurs enfants. En remontant le fil de l’addiction, les enquêteurs découvrent que le kush est au cœur du problème. Cette drogue, déjà pointée du doigt comme un fléau de santé publique en Sierra Leone — où elle aurait causé la mort de plusieurs jeunes, selon l’Observatoire des économies illicites en Afrique de l’Ouest — fait des ravages silencieux. Chez certains consommateurs, la dépendance mène à la folie ; chez d’autres, à une lente déshumanisation. Ces plaintes atterrissent sur le bureau de l’adjudant-chef Abdou Aziz Guingue, de la Brigade de recherches de la gendarmerie de Keur Massar. Très vite, des agents infiltrés sont déployés au garage malien. À leur retour, les informations recueillies sont suffisamment précises pour déclencher une opération d’envergure, menée dans la journée du mardi 23 décembre 2025.La descente des gendarmes provoque un vent de panique dans le garage. Les lieux sont méthodiquement quadrillés et l’attention des enquêteurs se focalise rapidement sur un groupe de neuf individus : cinq ressortissants maliens, exerçant comme gardiens, vendeurs ou coiffeurs, et quatre Guinéens, entre manœuvres et petits commerçants. La fouille corporelle est sans appel : 120 cornets de kush sont découverts, ainsi qu’une somme de 100 000 FCFA. Soumis à un interrogatoire poussé, les suspects finissent par céder et désignent unanimement la boutique de Rouguiatou comme le centre névralgique du réseau. L’assaut de son échoppe permet la saisie de 200 grammes supplémentaires de kush et de 700 000 FCFA, correspondant, selon les enquêteurs, aux versements effectués par les revendeurs. Face aux preuves, la jeune femme reconnaît les faits. Elle admet être au cœur du dispositif et révèle le nom de son associé : un compatriote guinéen, Abdoulaye D., pour le compte duquel elle affirme travailler.Au total, dix personnes — Rouguiatou B. et neuf hommes — sont interpellées et conduites à la Brigade de recherches de Keur Massar. Placés en garde à vue, ils seront, à l’issue des délais légaux, tous déférés devant le parquet. Les charges retenues sont lourdes : association de malfaiteurs et trafic international de drogue de type kush. Une affaire de plus qui met en lumière l’ampleur d’un phénomène désormais bien ancré dans certains quartiers, et dont les premières victimes restent les jeunes.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *