Affaire de diffamation : la Cour suprême rouvre le dossier Sonko/Mame Mbaye Niang le 1er juillet
Un nouveau tournant s’annonce dans le feuilleton judiciaire opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang. La Cour suprême va examiner, le 1er juillet prochain, le rabat d’arrêt introduit par les avocats de l’actuel Premier ministre, a révélé L’Observateur dans son édition de ce samedi 21 juin.
L’affaire remonte aux propos tenus par Ousmane Sonko, leader du parti Pastef alors dans l’opposition, affirmant détenir un rapport compromettant de l’Inspection générale des finances (IGF) sur la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC), dirigé à l’époque par Mame Mbaye Niang. Ce dernier avait porté plainte pour diffamation, ce qui avait conduit à une condamnation de Sonko à six mois de prison avec sursis et au paiement de 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts. Cette décision avait des conséquences politiques majeures : elle avait entraîné l’invalidation de la candidature de Sonko à la présidentielle de 2024.
Il avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye, aujourd’hui président de la République, comme candidat de substitution au nom de la coalition « Diomaye Président ».
Les enjeux du rabat d’arrêt
Le 1er juillet, la haute juridiction rouvrira le dossier pour entendre les plaidoiries des différentes parties. Les conseils de Sonko contestent la régularité de la procédure ayant conduit à sa condamnation. Ils avaient soulevé une exception d’inconstitutionnalité, demandant que l’affaire soit transmise au Conseil constitutionnel. Ils dénoncent également plusieurs vices de procédure, notamment l’absence de citation régulière à comparaître. Malgré un avis favorable de l’Avocat général à la cassation, la Chambre pénale avait maintenu la condamnation et écarté l’exception d’inconstitutionnalité. Selon les informations de L’Observateur, Mame Mbaye Niang ne sera pas présent à l’audience, étant à l’étranger depuis l’arrivée au pouvoir de Pastef.Ce rabat d’arrêt constitue l’ultime voie de recours interne pour Ousmane Sonko dans ce dossier. Son issue pourrait avoir des implications symboliques et politiques importantes, bien au-delà de l’affaire elle-même.