Joal : rentré d’émigration sans le sou, il menace sa famille avec un couteau
Après une dizaine d’années passées à l’étranger, M. S. Dior est rentré au Sénégal dans une situation financière difficile. Convaincu d’avoir trop sacrifié pour les siens sans obtenir la reconnaissance escomptée, il a fini par transformer son ressentiment en menaces, jusqu’à s’armer d’un couteau et tenter de mettre le feu à la maison familiale.. Après une dizaine d’années d’émigration, M. S. Dior est revenu à Joal sans ressources, avec le sentiment d’avoir tout donné pour sa famille. Selon lui, il aurait notamment construit une maison pour les siens et assumé pendant plusieurs années une partie de leurs besoins. Mais, à ses yeux, les sacrifices consentis n’ont pas été reconnus à leur juste valeur.
Peu à peu, le malaise s’est transformé en conflit familial. Les injures deviennent récurrentes. Dans ses emportements, M. S. Dior n’épargne même plus ses parents, pourtant âgés. La situation franchit un seuil inquiétant le 23 juillet dernier.
Ce matin-là, au réveil, l’émigré rentré au bercail s’empare d’un couteau. Hors de lui, il menace de s’en prendre à plusieurs membres de sa famille. Dans sa furie, il s’attaque au séchoir où sa belle-sœur venait d’étendre ses vêtements et le sectionne. Il tente ensuite de mettre de l’essence sur les lieux, avec le projet d’embraser les habits et la maison.
Face à la gravité de la situation, le chef de famille alerte la gendarmerie. L’intervention rapide des hommes en bleu permet d’éviter le pire. M. S. Dior est interpellé avant d’être placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour.
« J’ai tout fait pour cette famille »
Jugé mardi dernier, le prévenu reconnaît les faits, tout en tentant de relativiser les menaces visant ses parents. À la barre, il explique son comportement par des années de frustrations et de sacrifices. « J’ai tout fait durant des années pour cette famille », soutient-il en substance.
Une justification qui ne convainc pas le procureur. Le maître des poursuites l’invite à revoir son appréciation de la situation et à mesurer la gravité de ses actes.
Du côté de la famille, le père du prévenu ne réclame ni vengeance ni lourde sanction. Sa demande tient en une phrase : qu’on lui permette simplement de retrouver la paix. « Mon seul souhait est qu’il nous laisse tranquilles, dans la plus grande quiétude », fait-il savoir.
Touché par cette requête, M. S. Dior promet de prendre ses distances. Il annonce qu’il quittera la maison familiale avec sa femme et ses enfants, afin de mettre fin aux tensions.
Cette promesse n’efface toutefois pas la portée des faits. Reconnu coupable, M. S. Dior a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis. Une peine qui sanctionne un dérapage familial aux allures de tragédie évitée de justesse.