Baromètre OPINESEN 2026 : Guédiawaye, une population confrontée à la précarité et à l’incertitude.
Une enquête réalisée auprès de 870 habitants révèle une perception largement préoccupante de la situation socio-économique. Près de 87 % des répondants jugent leurs conditions de vie difficiles ou très difficiles, tandis que 75 % dénoncent la baisse de leur pouvoir d’achat. L’emploi des jeunes et la santé apparaissent comme les deux premières priorités des populations.
Dakar, août 2026 — Le Baromètre OPINESEN 2026 sur les conditions de vie des populations de Guédiawaye dresse le portrait d’un territoire confronté à d’importantes difficultés économiques et sociales. Réalisée auprès de 870 répondants répartis dans les cinq communes du département: Golf Sud, Ndiarème Limamoulaye, Wakhinane Nimzatt, Médina Gounass et Sam Notaire, l’enquête met en évidence une forte insatisfaction à l’égard des conditions de vie, mais aussi des attentes précises en matière d’emploi, de santé, de pouvoir d’achat et de gouvernance locale.
L’étude est réalisée par DILAM GROUP SARL, cabinet d’études, de conseil et d’ingénierie statistique, en collaboration avec OPINESEN.
Un constat sévère sur les conditions de vie
Le premier enseignement du Baromètre est sans ambiguïté : 86,90 % des personnes interrogées considèrent leurs conditions de vie comme difficiles ou très difficiles.
Dans le détail, 46,78 % les jugent « difficiles » et 40,11 % « très difficiles ». À l’inverse, seuls 13,10 % estiment que leurs conditions de vie sont bonnes ou très bonnes.
Cette perception se traduit par un Indice de perception des conditions de vie (IPCV) de –73,80 points, un niveau qui traduit une perception très défavorable de la situation actuelle.
La comparaison avec la situation d’il y a deux ans confirme cette tendance. Si la moitié des répondants (50 %) estime que leurs conditions de vie sont restées identiques, 37,47 % considèrent qu’elles se sont dégradées, contre seulement 12,53 % qui constatent une amélioration.
Le Solde d’évolution perçue (SEP) ressort ainsi à –24,94 points.
Le coût de la vie et le chômage en tête des préoccupations
Le chômage et la cherté de la vie arrivent très largement en tête des difficultés citées par les habitants de Guédiawaye.
Chacun de ces deux problèmes est mentionné par 74,94 % des répondants.
La santé arrive en troisième position, citée par 50 % des personnes interrogées. Elle est suivie par les difficultés à payer le loyer (37,47 %).
La question alimentaire apparaît également dans les réponses, avec 12,53 % des répondants déclarant rencontrer des difficultés à se nourrir. La sécurité est citée par 11,95 %.
Ces résultats dessinent ainsi une situation dans laquelle les préoccupations liées aux revenus, à l’emploi et à l’accès aux services essentiels occupent une place centrale.
Trois habitants sur quatre ressentent une baisse du pouvoir d’achat
La pression économique apparaît également dans la perception du pouvoir d’achat.
Au total, 74,94 % des répondants déclarent constater une baisse de leur pouvoir d’achat. Parmi eux, 37,47 % parlent d’une baisse importante et autant d’une baisse modérée.
Seuls 25,06 % ne constatent pas de diminution.
Pour DILAM GROUP, cet indicateur constitue un signal important quant au poids du coût de la vie dans le quotidien des populations.
Une vulnérabilité sociale largement perçue
La perception de la vulnérabilité sociale atteint également des niveaux particulièrement élevés.
61,49 % des personnes interrogées déclarent connaître « beaucoup » de familles confrontées à des difficultés pour satisfaire leurs besoins essentiels. 36,32 % en connaissent « quelques-unes ».
Au total, 97,82 % déclarent ainsi connaître au moins une famille confrontée à ce type de difficultés.
Le rapport insiste toutefois sur une précision méthodologique importante : cet indicateur mesure la vulnérabilité perçue dans l’entourage des répondants et ne constitue pas une estimation statistique du taux de pauvreté à Guédiawaye.
L’emploi des jeunes, une urgence pour les habitants
L’un des résultats les plus marquants concerne l’accès des jeunes à l’emploi.
Pour 87,47 % des répondants, les jeunes ne trouvent pas facilement un emploi à Guédiawaye.
Seuls 1,26 % considèrent que l’accès à l’emploi est facile, tandis que 11,26 % déclarent ne pas savoir.
L’Indice de perception de l’accès à l’emploi (IPAE) atteint ainsi –86,21 points, soit l’un des niveaux les plus défavorables enregistrés par le Baromètre.
Cette perception se retrouve dans les attentes exprimées : 50 % des personnes interrogées considèrent que l’accompagnement à la création d’emplois constitue la mesure la plus urgente.
Une forte disparité dans l’appréciation des mairies
L’enquête révèle également des différences importantes entre les cinq communes lorsqu’il s’agit d’évaluer l’action municipale.
Wakhinane Nimzatt se distingue nettement. Elle est la seule commune où les personnes satisfaites de l’action municipale sont majoritaires : 59 %, contre 41 % d’insatisfaits. Son Indice de satisfaction municipale (ISM) s’établit à +18 points.
À l’autre extrême, Golf Sud affiche le niveau de satisfaction le plus faible. Seulement 14 % des répondants se déclarent satisfaits, contre 86 % d’insatisfaits, soit un ISM de –72 points.
Sam Notaire affiche également une perception très défavorable, avec 18 % de satisfaits contre 83 % d’insatisfaits, soit un ISM de –65 points.
À Ndiarème Limamoulaye, l’ISM atteint –47 points, tandis que Médina Gounass se situe à –10 points.
« Les perceptions de l’action municipale ne sont pas homogènes à l’échelle de Guédiawaye », souligne en substance l’analyse du Baromètre, qui met en évidence une véritable différenciation territoriale.
Les habitants jugent également limitée la capacité de réponse des mairies
Le constat est similaire lorsqu’il est demandé aux habitants si leur mairie répond suffisamment à leurs préoccupations.
Dans les cinq communes, l’Indice de réponse municipale (IRM) demeure négatif.
À Golf Sud, 80 % des répondants estiment que la mairie ne répond pas aux préoccupations des habitants, contre 15 % qui pensent le contraire. L’IRM atteint –65 points.
À Sam Notaire, le score est de –61 points, avec 77 % de réponses négatives.
Ndiarème Limamoulaye affiche un IRM de –42 points, contre –17 à Médina Gounass.
Une nouvelle fois, Wakhinane Nimzatt obtient le meilleur résultat, même si son indice demeure négatif : –11 points, avec 41 % de réponses positives contre 52 % de réponses négatives.
Emploi et santé : les deux grandes priorités
Lorsqu’ils sont invités à identifier les domaines qui devraient constituer les priorités des mairies, les habitants placent très nettement l’emploi des jeunes et la santé en tête.
Ces deux priorités sont chacune citées par 74,94 % des répondants.
Elles sont suivies par :
- l’assainissement et la propreté : 62,53 % ;
- l’éducation : 50 % ;
- les routes et l’éclairage : 37,47 % ;
- l’aide aux familles vulnérables : 37,47 %.
Le message adressé aux collectivités apparaît donc relativement clair : les populations attendent à la fois des réponses aux difficultés économiques et une amélioration concrète des services et du cadre de vie.
Un avenir marqué par l’incertitude
L’enquête révèle enfin une importante incertitude quant à l’avenir.
62,53 % des répondants ne savent pas si leurs conditions de vie vont s’améliorer.
Parmi ceux qui se prononcent, 24,94 % pensent que la situation ne s’améliorera pas, contre seulement 12,53 % qui anticipent une amélioration.
L’Indice d’optimisme territorial (IOT) ressort ainsi à –12,41 points.
Pour les auteurs du rapport, le poids considérable de la réponse « Je ne sais pas » constitue en lui-même un signal : il traduit une forte incertitude des populations quant à leur avenir économique et social.
« Guédiawaye va mal » : des réponses ouvertes qui traduisent le désarroi
Les réponses ouvertes recueillies par les enquêteurs renforcent le diagnostic quantitatif.
Parmi les expressions utilisées pour résumer la situation de Guédiawaye figurent notamment « désarroi », « catastrophique », « Guédiawaye va mal » ou encore « mairie inexistante ».
La question du manque d’accompagnement des jeunes et des talents revient également dans les réponses.
Ces témoignages donnent une dimension qualitative aux chiffres du Baromètre et illustrent le sentiment de frustration et d’attente exprimé par une partie des habitants.
Un appel à renforcer l’action locale
Au terme de son analyse, le Baromètre OPINESEN formule plusieurs recommandations, principalement autour de l’emploi et de l’insertion des jeunes, du pouvoir d’achat, de la protection sociale, de l’assainissement, de la santé, de l’éducation et de la gouvernance locale.
Le rapport préconise notamment de renforcer les dispositifs d’insertion professionnelle, de soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, d’améliorer l’accompagnement des ménages vulnérables, mais également de renforcer la transparence et l’information des citoyens sur les projets et réalisations municipales.
Il recommande par ailleurs la mise en place d’un dispositif régulier de suivi de l’opinion afin de mesurer dans le temps l’évolution des principaux indicateurs.
TASS XIBAAR