L’espoir est-il toujours permis au Sénégal ?
À l’aube de l’arrivée au pouvoir du parti PASTEF, le Sénégal nourrissait un immense espoir de changement. L’élection de Bassirou Diomaye Faye, portée par la dynamique incarnée par Ousmane Sonko, avait suscité une ferveur rare. Malgré l’héritage lourd laissé par le régime précédent, notamment sur le plan financier, beaucoup restaient convaincus qu’un nouveau cap pouvait être franchi.
Au-delà des attentes économiques et politiques, on espérait surtout l’émergence d’une jeunesse consciente, responsable et à la hauteur des enjeux. Malheureusement, la réalité observée sur les réseaux sociaux est inquiétante. Les insultes, les invectives et les dérives verbales persistent, parfois avec une violence inouïe. Plus grave encore, le Président de la République lui-même n’est pas épargné, victime d’attaques indignes, même lorsqu’elles se cachent derrière des désaccords politiques réels ou supposés.
Qu’il y ait des divergences entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ne saurait justifier de s’en prendre à la première institution du pays. Beaucoup confondent dangereusement le parti PASTEF et la République, oubliant que les institutions dépassent les hommes et les formations politiques.
Des femmes et des hommes se réclamant “patriotes”, très actifs sur Facebook ou TikTok, souvent à visage découvert, sont devenus de véritables facteurs de tension. Cette violence numérique dirigée contre toute voix discordante, si elle n’est pas contenue, risque d’avoir de lourdes conséquences sur la stabilité nationale.
Être patriote ne signifie pas être propriétaire du pays. La majorité de ceux qui se sont opposés à l’ancien régime de Macky Sall n’étaient pas mus par un agenda partisan, mais par un profond attachement à la justice, notamment face aux tentatives d’anéantissement politique d’Ousmane Sonko.
Aujourd’hui, l’impolitesse et le manque d’éducation civique ont atteint un seuil alarmant sur les réseaux sociaux. À cela s’ajoutent des acteurs basés à l’étranger, dont la mission semble être la désinformation et la manipulation, contribuant à l’abrutissement du débat public.
Enfin, comment ne pas évoquer ces pseudo-analystes, influenceurs et tiktokeurs, sans formation ni expérience, qui s’érigent en experts sur tous les sujets de l’actualité nationale ? Cette confusion des rôles participe à la dégradation du débat et à la banalisation de l’irresponsabilité.
Oui, l’impolitesse a gagné du terrain au Sénégal. Et si l’espoir demeure, il passera inévitablement par une réhabilitation du débat public, du respect des institutions et de la responsabilité citoyenne.
TASS XIBAAR