Dette cachée : Mamadou Oury Diallo charge l’État et épingle le FMIL
Le débat sur la dette publique sénégalaise prend une tournure explosive. Invité du Jury du dimanche sur iRadio, Mamadou Oury Diallo, ancien inspecteur du Trésor et ex-fonctionnaire international, a livré une analyse sans concession de la gestion des finances publiques, s’appuyant sur le récent rapport de la Cour des comptes. Pour lui, il ne s’agit ni d’une erreur technique ni d’une approximation administrative, mais bien d’une dissimulation volontaire.« La dette a été cachée. Littéralement, et avec intention », tranche-t-il. Selon Mamadou Oury Diallo, le rapport de la Cour des comptes met en évidence une volonté manifeste de certaines autorités de se soustraire au contrôle du Fonds monétaire international (FMI). « Il y avait une intention très claire d’échapper à la surveillance du Fonds, qui, malheureusement, n’a pas été suffisamment vigilant sur le plan technique », déplore-t-il. Si l’ancien inspecteur du Trésor pointe la responsabilité de l’État sénégalais, il n’épargne pas pour autant le FMI. À ses yeux, l’institution de Bretton Woods a failli dans sa mission de contrôle. « C’est une faute imputable à ses services », affirme-t-il, rappelant que les programmes conclus avec le Sénégal reposent sur des critères quantitatifs stricts, évalués régulièrement. Pour étayer son propos, Mamadou Oury Diallo insiste sur l’ampleur des montants en jeu. « On parle de plusieurs milliards de dollars, soit près du quart du PIB. Ce ne sont pas des montants négligeables. Ce n’est tout simplement pas excusable », martèle-t-il. Il balaie également l’argument selon lequel l’État aurait transmis des données peu fiables. « Même dans ce cas, le FMI dispose de mécanismes de recoupement. Sept milliards de dollars sur une période donnée, dans une économie, si on ne les voit pas, c’est qu’on n’a pas fait son travail », accuse-t-il. L’ancien haut fonctionnaire révèle enfin que des audits internes seraient en cours au sein du FMI pour déterminer les causes de cette défaillance. « Le Fonds monétaire n’est pas infaillible. Aujourd’hui, il cherche à comprendre comment une telle situation a pu se produire », conclut-il, laissant planer l’ombre d’une responsabilité partagée dans ce dossier explosif de la dette sénégalaise.