Audit de la dette, héritage du pouvoir et “système” à combattre : le Premier ministre vide son sac
Audit de n marge de la cérémonie de clôture des 72 heures culturelles et sportives de la commune de Passy, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur les motivations qui ont poussé le nouveau régime à procéder, dès son installation, à un audit du stock de la dette publique. Une démarche qu’il assume pleinement, au regard de ce qu’il qualifie d’« héritage lourd » laissé par l’équipe sortante. Selon le chef du gouvernement, les chiffres officiellement avancés au moment de la passation de service, ne reflétaient pas la réalité de la situation financière du pays. « Quand ils quittaient le pouvoir, ils disaient que la dette était à 74 % du PIB. Mais après audit, nous avons découvert qu’elle atteignait 119 % du PIB », a-t-il révélé. Une proportion alarmante qui, à l’en croire, signifie que la dette publique dépasse désormais la richesse nationale. Pour Ousmane Sonko, cet exercice de vérité n’avait rien d’accessoire. « Si nous avons fait cet état des lieux, c’est pour que tout le monde sache dans quelles conditions nous avons hérité du pays. Si nous ne l’avions pas fait, ils se seraient précipités dans les radios et les télévisions pour dire que nous sommes incapables de diriger le pays », a-t-il martelé, dénonçant par avance une tentative de discrédit politique. Au-delà de la question financière, le chef du gouvernement a élargi son propos à ce qu’il appelle le « système », qu’il juge toujours solidement ancré dans les rouages de l’État. « Le système est toujours là. Il est dans l’administration, dans la Justice, dans tous les secteurs : à la Primature, à la Présidence. Il n’a pas encore abdiqué », a-t-il déclaré, non sans gravité. Face à cette réalité, le Premier ministre reconnaît l’ampleur du défi. « C’est un combat quotidien. Il faut un combat farouche pour le déboulonner », a-t-il insisté, appelant implicitement à la patience et à la mobilisation autour de l’action gouvernementale.