Le cri du cœur de Khalifa, rappeur détenu : “Je me sens abandonné, trahi”
C’est par la voix de son avocat, Me Tanor Diamé, que le rappeur Khalifa, actuellement en détention, a tenu à briser le silence. Un message poignant, chargé de douleur et d’incompréhension, qu’il adresse à l’opinion publique et aux autorités qu’il estime l’avoir laissé tomber.« Ils m’ont abandonné. Je me sens trahi. Toutes les déclarations que j’ai faites, c’était pour alerter les autorités. Je me suis battu pour le changement, et mon père s’est énormément sacrifié pour le Projet », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par Me Dieng.Ce sentiment d’abandon est d’autant plus profond qu’aucune figure du régime en place ne s’est déplacée pour lui témoigner ne serait-ce qu’un signe de considération. Khalifa confie avoir été particulièrement affecté en apprenant que le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment rendu visite à d’autres détenus politiques, comme Azoura et Kairé : « Quand j’ai su qu’Ousmane Sonko était allé voir Azoura et Kairé, j’ai pensé qu’il viendrait aussi s’enquérir de ma situation. Il a pourtant traversé tant d’épreuves aux côtés de mon père… »Pour Me Tanor Diamé, cette rencontre avec son client a révélé l’état d’un homme profondément meurtri, mais dont la force mentale demeure intacte : « J’ai vu un homme atteint, blessé dans sa chair et dans son cœur, mais debout. Khalifa garde une lucidité remarquable. Il mérite plus que jamais notre solidarité et notre soutien. Il ne doit pas être oublié. »Un appel fort, à la fois politique et humain, qui interroge sur la mémoire collective, la loyauté dans les combats, et le prix du silence.