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Visite à Dakar : le Premier ministre congolais confirme la suspension du contrat avec Socelec

En visite officielle à Dakar depuis le 10 juin 2025, à l’invitation de son homologue sénégalais Ousmane Sonko, le Premier ministre de la République du Congo, Anatole Collinet Makosso, a confirmé la suspension du contrat d’affermage liant Socelec, filiale de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) à l’État congolais pour la distribution et la commercialisation de l’électricité.Signé le 13 février 2025 entre le ministre congolais de l’Énergie et de l’Hydraulique, Émile Ouosso, et le directeur général de Socelec, Pape Mamadou Diop, ce contrat d’une durée de dix ans devait confier à la société sénégalaise la gestion des services électriques au Congo-Brazzaville. Toutefois, face à la contestation grandissante relayée par les médias et les syndicats, le chef du gouvernement congolais a reconnu devant son homologue sénégalais une précipitation dans la conclusion de l’accord :« Nous avons confondu vitesse et précipitation », a-t-il admis. Anatole Collinet Makosso a mis en avant les fortes préoccupations exprimées par les syndicats et partenaires sociaux congolais, qui ont exercé une pression significative pour empêcher l’entrée en vigueur de ce partenariat, formalisé par la signature du contrat le 26 février 2025. « Les zones d’ombre entourant l’accord et un travail pédagogique insuffisant ont suscité des inquiétudes légitimes », a-t-il expliqué, en référence à l’affaire Hydro-Québec qui, par le passé, avait provoqué des débats similaires dans le pays. Parmi les principaux griefs soulevés, les syndicats dénoncent un démarrage anticipé des activités par Socelec, sans que le processus de légalisation n’ait été achevé. Ils s’indignent également de la composition du conseil d’administration, où un seul administrateur congolais siège aux côtés de membres exclusivement sénégalais, dont le directeur général et le président du conseil. Certains prestataires locaux pointent en outre l’absence de capital de démarrage et critiquent un « train de vie princier » des dirigeants sénégalais.Malgré cette suspension, le Premier ministre congolais a tenu à rassurer sur la volonté de dialogue de son gouvernement.« Il ne s’agit pas d’une rupture définitive. Nous allons nous asseoir avec la Senelec pour examiner ensemble les conditions d’opérationnalisation du contrat, qui comporte 41 mesures préalables à résoudre », a-t-il précisé. Ces discussions à venir seront déterminantes pour rétablir la confiance, répondre aux critiques internes et envisager une relance du partenariat stratégique entre le Sénégal et le Congo.

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