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Modification des articles L 29 et L 30: Les vérités crues du Ministre de l’Intérieur à l’Assemblée nationale

​Du haut du pupitre de l’Assemblée nationale, le Ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, a revêtu sa robe d’avocat pour défendre le projet de loi modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral. Face aux députés de l’opposition, le premier flic du pays n’a pas fait dans la dentelle : entre rappels historiques sanglants et leçons de droit, il a pilonné la stratégie de l’exclusion, tout en évacuant le « cas » Sonko

L’’ambiance était électrique, ce mardi, à l’hémicycle. Alors que les députés de la minorité s’arc-boutaient contre la modification des articles L29 et L30, y voyant une manœuvre politique, Me Bamba Cissé a choisi l’offensive. Sans détour, le Ministre de l’Intérieur a renvoyé ses détracteurs à leurs propres contradictions, transformant son temps de parole en un plaidoyer pour une « paix durable ». ​« Le débat sur Sonko est derrière nous »​ À ceux qui crient à la loi « personnalisée » ou au « tailleur de luxe » pour le compte d’Ousmane Sonko, Me Bamba Cissé a opposé une fin de non-recevoir. Pour lui, le dossier est classé. « Monsieur Sonko est déjà inscrit sur le fichier électoral, il est électeur et éligible. Ce débat est derrière nous », a-t-il martelé. Selon le Ministre, il est absurde de prêter à cette réforme une volonté de repêcher quelqu’un qui est déjà dans le système. Une manière de dire que la loi ne court pas après un homme, mais après la stabilité du droit.​ Le spectre des « heures sombres »​ Me Bamba Cissé a surtout joué la carte de l’émotion et de la responsabilité historique. Évoquant les tragédies de mars 2021 et de juin 2023, il a rappelé aux parlementaires le prix du sang versé. Pour le Ministre, ces crises n’étaient pas le fruit du hasard, mais la conséquence d’une perception populaire : celle d’une justice utilisée pour éliminer des adversaires. « On ne peut pas priver des milliers de gens d’un choix de cœur. C’est cela qui est dangereux dans une République », a-t-il averti, invitant l’opposition à abandonner les « calculs de groupe WhatsApp » pour se projeter vers l’intérêt national.​ Le cœur de l’argumentaire du Ministre réside dans la hiérarchisation des fautes. Me Bamba Cissé a plaidé pour un changement de paradigme radical. Son credo : être impitoyable avec les prédateurs de deniers publics, mais indulgent avec les délits d’opinion.​« Quelqu’un qui détourne l’argent de l’État, qui blanchit des capitaux pour ensuite revenir acheter le pouvoir, celui-là est dangereux et doit être écarté », a-t-il affirmé avec force. En revanche, il juge « excessif » et obsolète le fait de priver un citoyen de ses droits civiques pour de simples dérapages verbaux ou des délits de presse. Une main tendue vers une démocratie plus inclusive où le bulletin de vote remplace le pavé.​Face à une minorité parlementaire sceptique, Me Bamba Cissé a tenté de poser les jalons d’un nouveau pacte électoral. Reste à savoir si ce discours de rupture suffira à apaiser les tensions dans une arène politique où le consensus est devenu une denrée rare.

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