Il n’y aura pas de moratoire » : à l’Assemblée, Ousmane Sonko durcit le ton sur la loi contre l’homosexualité
L’ambiance était électrique ce vendredi à l’Assemblée nationale. Face aux députés réunis pour la séance de questions d’actualité, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un discours offensif et sans concession sur l’application de la nouvelle loi encadrant l’homosexualité au Sénégal. Entre fermeté judiciaire, souveraineté nationale et critiques virulentes contre certains intellectuels et pays occidentaux, le chef du gouvernement a martelé : « Il n’y aura pas de moratoire. »Devant un hémicycle attentif, le leader de PASTEF a insisté sur le caractère « impersonnel » de la loi, assurant qu’aucune personnalité ne bénéficiera d’un traitement de faveur. « Ministre, président, ami ou autre… tout le monde est concerné », a-t-il déclaré, promettant une application « impartiale » et « rigoureuse » du texte.Dans la foulée, Ousmane Sonko a décoché plusieurs flèches contre certains responsables politiques qu’il accuse d’avoir longtemps évité le débat avant d’exiger aujourd’hui une application immédiate de la loi. Selon lui, ceux qui avaient refusé d’en parler ou de soutenir le texte sont désormais les plus bruyants sur la question.Le Premier ministre a également réservé de sévères critiques à la France et à certains pays occidentaux accusés, selon lui, de vouloir imposer leurs modèles sociétaux au Sénégal. Dans un discours aux accents souverainistes, il a dénoncé les « spéculations » venues de l’étranger et affirmé que le Sénégal n’a « aucune leçon à recevoir ».Allant encore plus loin, le chef du gouvernement n’a pas exclu un renforcement futur de l’arsenal juridique. « S’il y a lieu de durcir encore, on le fera », a-t-il averti, estimant qu’il s’agit d’une question touchant aux « intérêts supérieurs de la Nation ».Évoquant le volet sanitaire lié au VIH, Ousmane Sonko a assuré que l’objectif de l’État est « d’éradiquer le phénomène » et non simplement de freiner les contaminations. Dans le même souffle, il a promis qu’aucune personnalité influente impliquée ne sera protégée. « Les gros poissons ne seront pas protégés », a-t-il lancé devant les parlementaires.Enfin, le Premier ministre s’est attaqué frontalement à certains intellectuels sénégalais favorables à un moratoire sur l’application du texte. Les qualifiant « d’intellectuels complexés » et « d’intellectuels qui ont peur de leur ombre », il a définitivement fermé la porte à toute suspension de la loi : « Il n’y aura pas de moratoire », a-t-il répété sous les applaudissements d’une partie de l’hémicycle.