Hausse des tarifs de Canal+ : l’État saisit le Cnra et rappelle la gratuité des chaînes
Face à la grogne des abonnés et à la hausse de 10 % des tarifs des bouquets Canal+ Sénégal, l’État a décidé de mettre de l’ordre dans le secteur. Entre augmentation controversée, obligations légales ignorées et pression des consommateurs, le ministère de la Communication annonce une série de mesures pour recadrer le distributeur français. Le signal d’alarme a été tiré par le Forum des jeunes. Lconsommateurs, qui a dénoncé une nouvelle grille tarifaire jugée abusive. En réaction, le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a officiellement saisi le Président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA ) pour vérifier la légalité de la hausse, évaluer son impact réel sur les ménages et proposer, si nécessaire, des mesures correctives. Selon le ministère dirigé par Alioune Sall, cette démarche vise à garantir la transparence dans la politique tarifaire des opérateurs et à protéger les abonnés contre d’éventuels abus. Le ministère a également remis sur la table une disposition souvent ignorée par les opérateurs : l’article 161 du Code de la presse. Ce texte stipule clairement que toute entreprise de distribution audiovisuelle doit fournir gratuitement les chaînes publiques généralistes à ses abonnés. En d’autres termes, cette obligation s’impose à tous les distributeurs, Canal+ compris, sauf cas exceptionnel dûment justifié par une incompatibilité avec leurs missions de service public. Le gouvernement assure qu’il veillera désormais à ce que cette règle soit strictement respectée et intégrée dans les conventions et cahiers des charges. Des instructions fermes seront données pour garantir l’application effective de l’article 161.Un secteur sous surveillance Le ministère dit rester attentif à tout déséquilibre tarifaire ou contractuel qui pourrait porter atteinte aux droits des usagers ou au principe fondamental d’accès universel à l’information. Cette réaction intervient après une question écrite du député Guy Marius Sagna, qui rappelait que la hausse appliquée par Canal+ découlait aussi de nouvelles obligations fiscales imposées par l’État, notamment le versement d’une taxe équivalente à 9 % du chiffre d’affaires de l’opérateur.