GUÉDIAWAYE – PIÉGÉ AU BRT : UN SEXAGÉNAIRE PRÉDATEUR CONDAMNÉ À 8 ANS FERME, DEUXIÈME VICTIME DE LA NOUVELLE LOI DURCISSANT L’HOMOSEXUALITÉ
La justice passe à la vitesse supérieure. Hier, devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, M. A. Sow a été condamné à huit (8) ans de prison ferme. Ce sexagénaire devient ainsi le deuxième justiciable sanctionné sur la base de la loi n°2026-08 du 27 mars 2026, qui renforce la répression des actes contre-nature au Sénégal. À cette peine s’ajoute une interdiction de séjour dans la région de Dakar pour une durée de cinq ans.
Jugée à huis clos, l’affaire n’a pas manqué de révéler des faits d’une extrême gravité. À la barre, un adolescent de 14 ans, élève en classe de 3e, soutenu par sa mère, a fait face à son présumé bourreau, un homme d’un certain âge, aujourd’hui rattrapé par la justice.
Les faits remontent au 4 avril dernier, à la station du Bus Rapid Transit (BRT) de Golf-Sud. Ce jour-là, le mis en cause aborde le collégien sous des airs bienveillants. Prétextant vouloir l’aider dans ses études, il lui propose de lui prêter des livres de mathématiques. En confiance, le jeune garçon lui communique son numéro de téléphone.
Mais derrière cette approche se cache une toute autre intention. Très rapidement, le téléphone du mineur devient le canal d’un harcèlement soutenu : appels répétés, messages insistants, contenus obscènes. Selon les éléments de l’enquête, le sexagénaire franchit un cap en s’exhibant lors d’échanges vidéo, accompagnant ses actes de propositions sexuelles explicites.
Loin de céder, le collégien alerte ses parents. Ces derniers saisissent aussitôt le commissariat central de Dakar. Une opération est alors montée avec les éléments du poste de police de Golf-Sud pour piéger le suspect.
Sur instruction des enquêteurs, le mineur accepte un rendez-vous au domicile du prévenu, situé à la cité Aliou Sow. En embuscade, les policiers interviennent au moment opportun. À peine le jeune garçon introduit dans la chambre, les forces de l’ordre font irruption et surprennent le sexagénaire dans une posture compromettante.
Arrêté sur le champ, puis présenté devant la justice, le mis en cause a tenté de minimiser les faits, évoquant un simple « moment d’égarement ». Face aux preuves numériques, notamment une clé Usb contenant la vidéo des appels subtilement enregistrés par la partie civile où on l’entend verser dans des propositions indécentes, le prévenu finit par lâcher des aveux glaçants. Pire, il reconnaît être un habitué de ces pratiques sombres. Dans sa réquisition, le ministère public a rappelé la sévérité du nouveau Code pénal promulgué le 27 mars 2026 par le président de la République et demandant 10 ans de prison ferme pour les actes contre-nature.
Au bout d’une heure de délibéré, le tribunal a tranché avec fermeté : huit ans de prison ferme, assortis d’une interdiction de séjour à Dakar pendant cinq ans. Une décision qui illustre la volonté des juridictions de sévir face à ce type de dérives et marque une nouvelle application de la loi récemment adoptée.