Gambie : un activiste accuse le président Barrow d’avoir cassé du sucre sur le dos de Ousmane Sonko
La Gambie est secouée par une vive controverse après des déclarations de l’activiste et homme d’affaires Bob Keita, selon lesquelles le président Adama Barrow aurait tenu des propos offensants à l’égard du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko. Tout est parti de manifestations organisées jeudi dernier à Banjul, au cours desquelles plusieurs jeunes ont été arrêtés alors qu’ils protestaient contre le flou entourant la gestion des biens saisis à l’ex-président Yahya Jammeh. Parmi les interpellés figurait Bob Keita, relâché avec les autres au cours du week-end. Peu après sa libération, Keita s’est exprimé sur Facebook, affirmant avoir eu une altercation téléphonique avec le président Barrow. Ce dernier, irrité par une interview critique sur ses ambitions pour un troisième mandat, l’aurait violemment tancé :« Vous voulez ressembler à Ousmane Sonko du Sénégal ; c’est pour cela qu’il ne sera jamais président, car il est grossier et arrogant. Et si vous ne faites pas attention, je vous mets en prison », aurait lancé le chef de l’État gambien. Des propos aussitôt démentis par le directeur de l’Administration fiscale, Yankuba Darboe, qui affirme avoir lui-même facilité cet échange téléphonique.« La publication de M. Bubacarr ‘Bob’ Keita constitue une déformation flagrante des faits. En tant qu’intermédiaire de cette conversation, je tiens à rétablir la vérité : à aucun moment, le président n’a mentionné Ousmane Sonko ou le Sénégal », a-t-il précisé dans une déclaration rendue publique lundi 12 mai. Selon M. Darboe, Bob Keita cherchait en réalité à faire amende honorable. « C’est moi qui ai organisé cet appel chez moi. Je l’ai présenté au président pour qu’il puisse lui adresser ses excuses. Les propos qu’il rapporte, notamment ceux concernant des insultes et des allusions à la politique sénégalaise, sont totalement inventés », a-t-il insisté.Face à la polémique, Bob Keita a maintenu ses accusations sur ses réseaux sociaux, tout en admettant que le moment choisi pour en parler n’était peut-être pas le plus approprié. Il s’est excusé pour le « timing », mais a réaffirmé que ses propos n’étaient en rien fictifs. Du côté du Secrétariat permanent sénégalo-gambien, la réaction ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, l’instance a dénoncé des « déclarations incendiaires » susceptibles de nuire aux relations entre Dakar et Banjul.