Demba Kandji sur l’indépendance de la justice : « Il faut pouvoir la critiquer sans la délégitimer»
Dans un contexte marqué par une exigence de reddition des comptes et de réformes profondes de l’appareil judiciaire, le Médiateur de la République, Demba Kandji, a livré une analyse lucide et sans détour de la justice sénégalaise. Invité de la Radio RTS Sédhiou, l’ancien président de la Cour d’appel de Dakar et doyen des juges d’instruction est revenu sur un débat qu’il juge « ancien », « récurrent », mais toujours « légitime » : celui de l’indépendance de la justice.Pour ce magistrat à la retraite, la perception reste au cœur du rapport qu’entretiennent les citoyens avec la justice. « La justice est une question de perception. Quand elle donne raison à mes proches, je dirai toujours qu’elle est bonne. Quand elle donne raison à mon adversaire, je la jugerai mauvaise », affirme-t-il, soulignant le caractère universel de cette réaction humaine.Tout en reconnaissant les difficultés structurelles auxquelles fait face le système judiciaire sénégalais, Demba Kandji appelle à une lecture nuancée. « Il faut donner à la justice les moyens d’accomplir ses missions, tout en gardant le droit de la critiquer », déclare-t-il, insistant sur le rôle essentiel du citoyen, « au nom de qui la justice est rendue ».Il conclut sur une conviction forte : « Il est normal que les Sénégalais s’interrogent sur leur justice. Ils doivent pouvoir la critiquer sans la délégitimer. » Une position qui invite à conjuguer exigence citoyenne et confiance dans les institutions.