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Crise à la RTS : Pape Alé Niang brise le silence et recadre les frondeurs

tension est montée d’un cran à la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS). Après plusieurs sorties critiques de travailleurs relayées dans la presse et sur les réseaux sociaux, le directeur général, Pape Alé Niang, est finalement sorti de sa réserve. Dans un communiqué rendu public, le patron de l’audiovisuel public a tenu à répondre point par point aux griefs formulés contre sa gestion, dans un climat social de plus en plus électrique.Salaire du DG et véhicule de fonction : « rien d’exceptionnel »Première mise au point : sa rémunération. Pape Alé Niang réfute toute décision unilatérale ou avantage indûment accordé. Son salaire, insiste-t-il, est strictement encadré par les textes réglementaires, notamment le décret n°2012-1314 du 16 décembre 2012 relatif à la rémunération des directeurs généraux et assimilés, ainsi que le décret n°2021-05 du 5 janvier 2021 instaurant une indemnité forfaitaire globale à certains agents de l’État et de ses démembrements.Quant au véhicule de fonction, souvent évoqué dans les critiques internes, le DG affirme qu’il n’en dispose tout simplement pas. Depuis les réformes de 2021 sur la gestion du parc automobile de l’État, la RTS ne bénéficie plus de véhicules de fonction. « Depuis ma prise de service, j’utilise mon véhicule personnel », précise-t-il, se référant aux décrets n°2021-03 et n°2021-05 du 6 janvier 2021.Salaires du personnel : un accord suspendu, pas annuléLe nœud du malaise reste cependant la question salariale. À son arrivée, rappelle Pape Alé Niang, les salaires d’avril et de mai 2024 avaient été versés sur la base d’un accord d’entreprise signé le 29 mars 2024 par son prédécesseur. Un accord dont l’application intégrale, selon la direction, représenterait une charge annuelle d’environ 1,8 milliard de francs CFA pour la RTS.Cet accord était adossé au décret n°2024-837 du 27 mars 2024 portant sur les avantages financiers accordés à l’Éditeur public national de la communication audiovisuelle. Problème : ce décret reste, à ce jour, inopérant en raison de l’absence de l’arrêté interministériel devant en fixer les modalités de versement.Faute de garantie budgétaire, la direction a donc décidé de suspendre l’application de l’accord d’entreprise du 29 mars 2024, dans l’attente de l’effectivité complète du dispositif réglementaire. En attendant, précise le DG, les salaires continuent d’être versés sur la base du protocole d’accord du 17 octobre 2014.Avances et passif social : « aucun impayé »Sur un autre front sensible, celui des avances, fonds communs et autres avantages, Pape Alé Niang se montre catégorique. « Il n’existe aucun impayé depuis ma prise de fonction », affirme-t-il, lançant même un défi à quiconque prétendrait le contraire d’en apporter la preuve.Concernant l’apurement du passif social, le directeur général annonce que les efforts consentis seront présentés lors du prochain conseil d’administration, avant d’être rendus publics si nécessaire.Cap maintenu malgré la contestationMalgré la fronde interne, Pape Alé Niang dit rester droit dans ses bottes. Il réaffirme sa volonté de poursuivre les réformes engagées pour bâtir « un service public de l’audiovisuel performant et digne de ce nom ». Un appel à la responsabilité collective est lancé à l’ensemble des agents de la RTS, dans un contexte où la défiance reste vive.Pour rappel, les travailleurs de la RTS ont tenu, la veille, une importante mobilisation pour dénoncer une crise financière persistante et une gestion interne jugée opaque, mettant directement en cause la responsabilité du directeur général. Un bras de fer qui, visiblement, est loin de connaître son épilogue.

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