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Climat électrique au ministère des Transports : syndicats divisés, réunion sous tension

La scène se voulait apaisée, presque technique. Elle a finalement viré à la foire d’empoigne. Ce mardi, dans les locaux du ministère des Transports terrestres, la réunion de concertation initiée dans le cadre du dialogue social a rapidement dérapé, révélant au grand jour les profondes fractures qui traversent le secteur du transport routier. Présidée par le Secrétaire général du ministère, El Hadji Abdoulaye Gueye, représentant le ministre Yankoba Diémé, la rencontre devait poser les bases d’échanges sur les priorités du secteur et les préoccupations des professionnels. Mais avant même d’aborder le fond, c’est la forme qui a mis le feu aux poudres. À l’origine de la discorde : la liste des participants. Le Secrétaire général du Syndicat national des transporteurs routiers, Alassane Ndoye, flanqué de plusieurs responsables regroupés en fédération, a claqué la porte dès l’entame. La raison de sa grogne, la présence de certains acteurs jugés « illégitimes » dans la salle. « Il n’a rien à faire ici », lâche-t-il, visant notamment Gora Khouma. Pour lui, seuls les syndicats ayant déposé un préavis de grève devaient prendre part aux discussions.Mais au-delà de cette querelle de légitimité, c’est aussi l’absence du ministre qui a crispé les esprits. « Nous ne pouvons pas négocier sans lui », tranche Alassane Ndoye, campant sur une position de principe qui a précipité son retrait de la rencontre, suivi par ses alliés.Face à cette fronde, le Secrétaire général a tenté de ramener le calme. Minimisant la polémique, il a appelé à dépasser « les considérations de forme » pour se concentrer sur l’essentiel. Rappelant agir au nom du ministre, il a insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue, malgré les divergences. Une tentative d’apaisement qui n’a pas suffi à retenir les contestataires. Dans la salle, ceux qui ont choisi de rester n’ont pas pour autant caché leur malaise. Du côté des syndicats présents, notamment autour de Gora Khouma, le ton est resté ferme. Oui au dialogue, mais pas à n’importe quel prix. « Le respect doit être mutuel », préviennent-ils, en filigrane d’un climat de méfiance généralisée.Après de longues minutes de confusion, entre départs fracassants et tentatives de médiation, la réunion a finalement repris, mais en comité réduit. Une partie des acteurs, en majorité issus de l’Union des routiers du Sénégal, a poursuivi les échanges, laissant planer une question de fond : comment bâtir un dialogue inclusif dans un secteur aussi fragmenté..

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