Affaire Nogaye Thiam – Le père accuse : “On l’a laissée mourir dans sa chambre”
Le drame de Ngohé prend une tournure encore plus sombre. Samba Thiam, père de la défunte Nogaye Thiam, retrouvée morte dans la maison de sa belle-famille avec son bébé d’un an et demi blotti contre elle, brise enfin le silence. Et ses révélations, glaçantes, relancent toutes les interrogations.
Selon Les Échos, c’est à l’hôpital — où le corps de sa fille de 25 ans avait été transféré pour autopsie — que le père a appris la nouvelle la plus insoutenable : Nogaye était enceinte au moment de sa mort. Une information qui, selon lui, rend le drame encore plus inacceptable.
“Mangez et laissez-la” : la phrase qui glace le sang
Samba Thiam retrace les dernières heures de sa fille. Tout serait parti d’une dispute banale, le vendredi : une histoire de cuisine.
« C’était son tour de préparer. Sa belle-mère a retiré la tâche pour la donner à sa belle-sœur. Elles se sont criées dessus, elles se sont injuriées », raconte-t-il.
Humiliée, Nogaye s’est enfermée dans sa chambre avec son enfant. Et c’est là que le récit bascule dans l’horreur :
elle serait restée morte pendant 48 heures, derrière une porte que personne n’a tenté d’ouvrir.
Le père affirme avoir entendu une phrase terrible, attribuée à la belle-mère :
« Mangez et laissez-la. Elle est impolie. »
Pendant deux jours, la famille aurait déjeuné juste devant sa porte. Sans un geste, sans une question.
“Ne cassez pas la porte”
Ce n’est que lorsque Moussa Diao, beau-frère de Nogaye, s’inquiète enfin, qu’il alerte le mari, Elimane.
Celui-ci ordonne de forcer la porte.
La réaction de la belle-mère, selon le père, sonne comme un symbole glaçant d’indifférence :
« Ne cassez pas la porte. »
À l’ouverture, la scène est indescriptible :
Nogaye gisant depuis deux jours… son bébé recroquevillé contre son corps sans vie.
C’est un oncle maternel qui a annoncé la nouvelle à Samba Thiam, sans ménagement.
« Il m’a dit : On a trouvé le corps de Nogaye, crois en Dieu… comme si ce n’était rien », lâche le père, encore secoué.
Il confie que sa fille vivait un calvaire silencieux :
humiliations répétées, tensions constantes, trois fausses couches avant cette grossesse interrompue par la mort.
Samba Thiam se garde d’accuser directement la belle-famille de meurtre, mais dénonce une négligence criminelle, une indifférence qui, selon lui, a coûté la vie à sa fille :
« Je veux juste que la vérité sorte. Rien d’autre. »
Une vérité qui, à mesure que les témoignages tombent, semble se charger d’ombres de plus en plus lourdes.