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Affaire APROSI : Les avocats de Tabaski Ngom saisissent le Garde des Sceaux

Alors que la chambre d’accusation doit statuer ce mercredi sur l’ordonnance d’incompétence rendue par le juge Idrissa Diarra dans l’affaire APROSI, les avocats de Tabaski Ngom montent au créneau. Ils ont adressé une lettre de protestation au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, dénonçant les conditions de détention « inhumaines » de leur cliente et réclamant un traitement judiciaire équitable. Cette décision de la chambre d’accusation fait suite au pourvoi du procureur Sylla, qui conteste la mise à l’écart de Moustapha Diop, actuel ministre du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries, dans la procédure judiciaire. Pour rappel, Tabaski Ngom, ancienne agente comptable particulière (ACP) de l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI), affirme avoir prêté 700 millions de francs CFA au ministre dans des conditions aujourd’hui au cœur d’un contentieux judiciaire. Le juge Diarra avait estimé que les faits allégués contre Moustapha Diop relevaient de la compétence exclusive de la Haute Cour de justice, écartant ainsi sa responsabilité du champ d’action du Pôle judiciaire financier (PJF). Un avis que le ministère public entend renverser, en réclamant le réexamen de l’ordonnance. Mais au-delà des considérations de droit, les défenseurs de Tabaski Ngom interpellent le Garde des Sceaux sur la situation dramatique que vivrait leur cliente à la prison pour femmes de Liberté VI. Dans leur lettre, dont L’AS dit avoir obtenu copie – ils évoquent des menaces de mort, des actes de harcèlement émanant de codétenues, ainsi qu’un déni de soins médicaux malgré un état de santé qu’ils qualifient de préoccupant.Plus grave encore, ils dénoncent une détention jugée arbitraire, soulignant que Mme Ngom est maintenue en prison depuis plusieurs semaines alors que Moustapha Diop, pourtant directement cité dans la plainte initiale, n’a toujours pas été convoqué, ni même entendu, contrairement à plusieurs de ses collaborateurs interrogés par la Division des investigations criminelles (DIC) et la Brigade de recherches de Mbour. Les conseils de Tabaski Ngom appellent ainsi à l’ouverture d’une enquête sur les conditions de détention de leur cliente et exigent que la justice suive son cours « sans parti pris ni deux poids, deux mesures », en prenant en compte les réquisitions du parquet en faveur de l’implication effective de Moustapha Diop dans ce dossier à rebondissements.

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