Hausse du prix du carburant : Malick Gackou dénonce une « malédiction du pétrole
PLa nouvelle hausse des prix du carburant continue de susciter des réactions dans les rangs de l’opposition. Malick Gackou est monté au créneau dans une tribune au ton particulièrement virulent. L’ancien candidat à la présidentielle dénonce l’impact de la flambée des prix sur les ménages et s’interroge sur les retombées de l’exploitation du pétrole et du gaz sénégalais.
La grogne enfle face à la hausse des prix du carburant. Alors que les consommateurs redoutent une nouvelle pression sur leur pouvoir d’achat, Malick Gackou a choisi de rompre le silence. Dans une tribune au vitriol, le nouveau partisan de Pastef s’en prend aux choix des autorités et dénonce le paradoxe d’un Sénégal désormais producteur de pétrole et de gaz, mais confronté à une flambée du coût du carburant.
« Les prix du carburant et du gasoil flambent à des niveaux jamais égalés dans notre pays », déplore-t-il. Pour Gackou, cette situation ne saurait être sans conséquences sur le quotidien des Sénégalais. La hausse des carburants, estime-t-il, entraînera mécaniquement une augmentation du coût de la vie, avec un impact plus lourd sur les ménages les plus vulnérables.
C’est précisément ce paradoxe qui nourrit sa colère. Le Sénégal dispose désormais de ressources pétrolières et gazières, mais les populations continuent de subir la cherté de la vie. « Et le plus paradoxal dans ce patchwork d’inédits, c’est que notre pays est désormais producteur de pétrole et de gaz », relève-t-il.
« Notre malédiction du pétrole »
Dans une charge particulièrement sévère contre la gestion des ressources publiques, Malick Gackou établit un lien entre la situation actuelle et ce qu’il qualifie de « corruption » et d’« enrichissement illicite » de certaines élites.
Selon lui, des ressources qui devraient contribuer à améliorer les conditions de vie des Sénégalais seraient détournées de leur finalité. Il dénonce « la spoliation des deniers et des ressources publiques », ainsi que leur mise « en jachère au détriment des intérêts supérieurs de la Nation ».
L’ancien leader de Grand Parti poursuit sa diatribe en accusant certains responsables de « se remplir les poches pendant que le peuple trinque », tout en dénonçant ce qu’il considère comme une attitude de mépris à l’égard des populations.
Pour Gackou, la situation actuelle illustre surtout le risque d’une mauvaise gestion des nouvelles richesses issues des hydrocarbures. « Voilà vers quoi nous mène notre malédiction du pétrole », lance-t-il, estimant que les ressources pétrolières et gazières devraient avant tout se traduire par une amélioration concrète du quotidien des Sénégalais.
La corruption au banc des accusés
Dans sa tribune, Malick Gackou avance également un chiffre particulièrement lourd : selon lui, « la corruption coûte au peuple sénégalais trois points de croissance par an ».
L’opposant pointe ainsi la responsabilité de ceux qu’il accuse d’avoir contribué à la dilapidation des ressources publiques. Il s’interroge surtout sur l’absence de conséquences, à ses yeux, pour les personnes qu’il considère comme responsables de cette situation.
« Les responsables de cette catastrophe sont bien vivants. Ils se bombent encore le torse avec des milliards spoliés, sans conséquences », accuse-t-il.
Une sortie qui traduit, au-delà de la polémique sur les prix du carburant, une interrogation plus large sur la gouvernance des ressources pétrolières et gazières du Sénégal. Pour Malick Gackou, l’enjeu dépasse désormais le simple prix à la pompe : il concerne directement la capacité de l’État à transformer les revenus des hydrocarbures en bénéfices tangibles pour les populations.
« Jusqu’à quand ? Juste incroyable », conclut-il, dans une ultime charge contre les gouvernants.