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Aflatoxines : plus d’un riz local sur deux contaminé dans certains marchés de Dakar, les experts alertent sur un risque de cancer du foie

Les conclusions du plan national de surveillance de la sécurité sanitaire des aliments font froid dans le dos. Présentés mercredi au Centre antipoison de l’hôpital Fann, les résultats révèlent qu’une partie importante du riz consommé à Dakar est contaminée par des aflatoxines, des substances hautement cancérogènes. Plus inquiétant encore, certains échantillons de riz local prélevés dans les marchés Tilène et Petersen affichent un taux de contamination supérieur à 50 %, faisant craindre des conséquences graves pour la santé publique.

Le Sénégal fait face à une nouvelle alerte sanitaire.

À l’occasion de la présentation des résultats du plan de surveillance mené dans les régions de Dakar, Thiès et Kaolack, les spécialistes ont mis en évidence la présence d’aflatoxines à des niveaux dépassant les normes autorisées dans une partie du riz destiné à la consommation. Président du Comité national du Codex du Sénégal, le professeur Amadou Diop a expliqué que cette étude s’inscrit dans le cadre du renforcement du système national de sécurité sanitaire des aliments. Le choix du riz n’est pas anodin. Aliment de base des ménages sénégalais, il représente un enjeu majeur de santé publique. Au total, 200 échantillons ont été prélevés auprès de restaurants et de fournisseurs dans les trois régions pilotes avant d’être analysés par le laboratoire accrédité de l’Institut de technologie alimentaire (ITA). Les analyses montrent que 30 échantillons, soit 22,6 %, dépassent les limites réglementaires en aflatoxines. Mais le constat est encore plus préoccupant à Dakar. Toutes les non-conformités relevées proviennent de la capitale. Selon le Pr Amadou Diop, les prélèvements effectués dans les marchés Tilène et Petersen révèlent que plus de la moitié des échantillons de riz local sont contaminés au-delà des seuils autorisés. Produites par des champignons du genre Aspergillus, les aflatoxines peuvent contaminer les céréales dès la récolte ou au cours du stockage lorsque les conditions de conservation sont défaillantes. Leur danger est bien connu des spécialistes. Ces mycotoxines figurent parmi les substances les plus cancérogènes et sont fortement associées au développement du cancer du foie, une maladie déjà préoccupante au Sénégal. Toutefois, le professeur Amadou Diop invite à la prudence dans l’interprétation des résultats. L’enquête n’ayant porté que sur trois régions, il estime indispensable d’élargir les contrôles à l’ensemble du territoire, notamment dans les principales zones de production rizicole, afin de disposer d’une cartographie nationale de la contamination. Les auteurs du rapport recommandent également de renforcer le dispositif national de sécurité sanitaire des aliments, de réviser le plan stratégique en vigueur depuis 2018 et d’intensifier les contrôles tout au long de la chaîne de production et de distribution. En attendant la mise en œuvre de ces mesures, les experts appellent les consommateurs à rester vigilants en privilégiant les bonnes pratiques d’hygiène, de conservation, de lavage et de cuisson des aliments. Ils rappellent enfin que la lutte contre les aflatoxines doit s’inscrire dans une stratégie plus globale de prévention des risques liés aux contaminants alimentaires.

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