De sa villa cossue à la cellule de Rebeuss : le vendredi noir de Pape Malick Ndour
Le couperet est finalement tombé pour Pape Malick Ndour. Après plusieurs mois de bataille judiciaire, l’ancien ministre de la Jeunesse a passé sa première nuit derrière les barreaux de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, au terme d’une interpellation menée tambour battant par les éléments de la Division des investigations criminelles (Dic).Selon des informations rapportées par L’Observateur, tout s’est joué vendredi, quelques instants seulement après la grande prière d’Al Jummah. Alors qu’il se trouvait à son domicile, l’ancien coordonnateur du Programme national des domaines agricoles communautaires (Prodac) a vu débarquer les enquêteurs de la Dic venus exécuter la décision judiciaire ordonnant son placement sous mandat de dépôt.Sous le regard médusé de ses proches, Pape Malick Ndour a été embarqué puis conduit dans les locaux de la police judiciaire. Mais son passage dans les bureaux de la Dic aura été de courte durée. D’après des sources proches du dossier, l’ex-ministre n’y aurait passé que quelques dizaines de minutes, juste le temps d’attendre l’arrivée de ses avocats et les dernières formalités administratives.Direction ensuite la prison de Rebeuss, où l’attendait déjà son ordre d’écrou.Cette spectaculaire chute judiciaire découle d’une décision rendue le 28 avril dernier par la Cour suprême. La haute juridiction avait confirmé l’arrêt de la chambre d’accusation financière qui avait cassé la liberté provisoire accordée auparavant à l’ancien dignitaire du régime de Macky Sall.Dans cette affaire tentaculaire liée au Prodac, Pape Malick Ndour est poursuivi pour association de malfaiteurs, détournement présumé de deniers publics et blanchiment de capitaux. Les enquêteurs évoquent un montant estimé à 2,3 milliards de francs CFA.Pourtant, en novembre 2025, l’ancien responsable de l’Apr avait réussi à éviter la prison en obtenant une liberté provisoire sous bracelet électronique à l’issue de son audition devant le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier, Idrissa Diarra. Une bouffée d’oxygène de courte durée.Le Parquet financier, farouchement opposé à cette remise en liberté, avait immédiatement introduit un recours. Saisie du dossier, la chambre d’accusation financière avait finalement infirmé l’ordonnance du juge d’instruction et ordonné son incarcération immédiate, ouvrant ainsi la voie à son arrestation de vendredi.Du côté de l’Alliance pour la République, la riposte politique n’a pas tardé. Son parti dénonce une « décision illégale » et réclame la « libération immédiate » de son responsable, parlant d’un acharnement judiciaire contre les anciens dignitaires du pouvoir déchu.