Pétrole et gaz : le Sénégal tire la croissance de l’UEMOA
Dans un contexte mondial encore marqué par l’incertitude économique, le Sénégal s’impose comme l’un des principaux moteurs de la croissance de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). L’entrée en production des hydrocarbures sénégalais rehausse significativement les perspectives régionales, avec une croissance attendue de 6,7 % en 2025, bien au-dessus de la moyenne mondiale. Alors que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance mondiale limitée à 3,2 %, l’espace UEMOA se distingue par sa résilience, portée notamment par l’exploitation pétrolière et gazière au Sénégal et au Niger. À Dakar, les premiers effets sont visibles : au troisième trimestre 2025, l’activité industrielle a bondi de 25,3 %, tirée par le secteur extractif et ses activités connexes.Cette nouvelle dynamique renforce le Produit intérieur brut (PIB) national, stimule les échanges commerciaux régionaux grâce aux exportations d’hydrocarbures et accroît l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Le Sénégal joue désormais un rôle stratégique dans l’équilibre macroéconomique de l’UEMOA.Mais cette manne énergétique pose d’importants défis. Experts et partenaires appellent à une gestion rigoureuse et transparente des ressources pour éviter les dérives de la rente. L’enjeu est de transformer les revenus pétroliers et gaziers en investissements durables, notamment dans les infrastructures, la formation des jeunes et l’industrialisation locale.À cela s’ajoutent les préoccupations environnementales, particulièrement dans les zones côtières, où l’exploitation offshore suscite des inquiétudes sur la pêche et la santé des populations. Le défi pour le Sénégal est désormais clair : concilier exploitation des hydrocarbures, diversification économique et protection de l’environnement afin de faire de cette nouvelle richesse un véritable levier de développement inclusif.