Guinée-Bissau : des militaires s’imposent, suspendent les élections et referment les frontières
La Guinée-Bissau a replongé, mercredi, dans ses vieux démons. En quelques heures, des militaires ont annoncé avoir pris le « contrôle total du pays », gelé le processus électoral en cours et fermé les frontières, plongeant la jeune démocratie ouest-africaine dans une nouvelle zone de turbulence alors que le pays attendait encore les résultats de la présidentielle et des législatives tenues dimanche.
La matinée avait déjà donné le ton : des rafales ont claqué près du palais présidentiel, rapidement ceinturé par des hommes en treillis. Des soldats ont verrouillé la principale artère menant au siège de la présidence, tandis que des habitants hagards tentaient de comprendre ce qui se déroulait. À Bissau, la rumeur d’un nouveau putsch s’est propagée aussi vite que la fumée des premiers tirs.
Dans l’après-midi, des officiers ont mis fin au suspense en lisant un communiqué au siège de l’état-major, devant des journalistes de l’AFP. À travers une mise en scène millimétrée, ils ont annoncé la suspension du processus électoral, sans préciser le sort des résultats encore en cours de compilation. Le pays, déjà marqué par quatre coups d’État réussis et une cascade de tentatives avortées depuis l’indépendance, semble à nouveau basculer dans un cycle de rupture institutionnelle.
Aucune précision n’a été donnée sur l’emplacement du président Umaro Sissoco Embaló, ni sur l’identité exacte des officiers impliqués. Dans les rues de la capitale, les commerces ont fermé précipitamment, les axes stratégiques ont été quadrillés, et l’armée contrôle désormais les principaux points névralgiques.
La Communauté internationale, prudente, suit la situation de près, alors que la Guinée-Bissau, pays charnière de la côte ouest-africaine, se retrouve une fois de plus dans la tourmente. Le retour à un ordre constitutionnel, déjà fragile, s’annonce plus incertain que jamais.