Palais de Justice de Mbour : 75 milliards engloutis pour… 11 % des travauxLes révélations explosives de la ministre Yacine Fall
C’est un scandale financier et administratif qui éclabousse désormais l’appareil judiciaire. Interpellée à l’Assemblée nationale par le député Guy Marius Sagna, la ministre de la Justice, Yacine Fall, a révélé des anomalies d’une ampleur inédite dans le Programme de modernisation des infrastructures du ministère de la Justice (PROMIJ). Au cœur de la tempête : le futur Palais de Justice de Mbour, censé être un projet prioritaire mais dont les dépenses engagées et l’avancement réel du chantier ne coïncident absolument pas. Le Palais de Justice de Mbour était présenté comme une pièce maîtresse du PROMIJ. L’infrastructure devait enfin rassembler, dans un même site, le Tribunal de grande instance, aujourd’hui éparpillé sur trois locaux distincts. Une dispersion qui complique la gestion des audiences, ralentit les démarches judiciaires et expose inutilement les magistrats et auxiliaires de justice.Inscrit au Lot 1 du programme (2021-2023), le projet n’a toutefois jamais réellement démarré. La raison ? L’absence d’un terrain disponible dans la commune, alors même que les financements avaient déjà été engagés par l’États. .Le blocage foncier n’a finalement été levé que le 9 octobre 2025, lorsque le Conseil municipal a attribué au ministère deux hectares situés sur la réserve du stade Caroline Faye. Immédiatement, Yacine Fall a saisi le ministère des Infrastructures pour demander un démarrage « en urgence absolue » des travaux. Les révélations deviennent explosives, c’est dans le bilan financier du projet. Selon une note technique de février 2025, l’État a payé à la société Ellipse Project SA, opérateur du PROMIJ, la rondelette somme de 75 milliards de francs CFA entre 2021 et 2023, soit 25 milliards par an.Mais malgré cet effort budgétaire colossal, le taux de réalisation global du programme plafonne à… 11 %.Une proportion incompréhensible pour des montants aussi élevés. Et c’est précisément ce que la ministre Yacine Fall a mis en lumière : un écart abyssal entre les dépenses déclarées, les travaux réellement effectués, et l’absence de justifications satisfaisantes de la part de l’opérateu. AO travers cette interpellation parlementaire, la Garde des Sceaux expose un programme stratégique miné par :des retards inexplicables,un suivi défaillant,des dépenses engagées avant même la disponibilité foncière,et une opacité totale sur l’exécution réelle des marchés.La ministre affirme vouloir remettre de l’ordre et exiger toute la transparence nécessaire pour sauver ce programme de modernisation devenu un gouffre.—La Justice en attente d’un sursautAlors que les palais de justice du pays souffrent de vétusté, de surpopulation et de conditions de travail dégradées, le cas de Mbour apparaît comme le symbole d’une gestion défaillante, où les milliards mobilisés n’ont pas empêché l’immobilisme.En dénonçant publiquement ces dérives, Yacine Fall place désormais la balle dans le camp des gestionnaires techniques et financiers du PROMIJ… et sous le regard d’une opinion publique en quête d’exemplarité.La bataille pour la vérité et l’achèvement effectif du Palais de Justice de Mbour ne fait que commencer.