Affaire Madiambal Diagne : le parquet requiert le mandat de dépôt et des saisies conservatoires
L’étau judiciaire se resserre autour de Madiambal Diagne et de ses co-inculpés. D’après Seneweb, le parquet financier a requis, dans un dossier explosif portant sur plus de 12 milliards de francs CFA, le placement sous mandat de dépôt de plusieurs personnes, ainsi que la mise en place de saisies conservatoires sur leurs biens.
Escroquerie et détournement de deniers publics
Le dossier vise en premier lieu Madiambal Diagne, Mohamed Diagne, Alex Alizé, Olivier Picard et Arnaud Cudel, poursuivis pour des faits d’escroquerie portant sur des deniers publics. Le site précise que selon le ministère public, le montant en jeu – évalué à 12 milliards – dépasse largement le seuil légal fixé à 100 millions de francs CFA, au-delà duquel le mandat de dépôt devient obligatoire lorsqu’aucun remboursement ni caution n’est intervenu. Le parquet rappelle que les contestations soulevées par la défense ne tiennent pas, eu égard aux constatations établies par la CENTIF.
La complicité de blanchiment visée
L’affaire implique également Mame Bineta Diaby, épouse de Madiambal Diagne, poursuivie pour complicité de blanchiment de capitaux. Le procureur considère les faits comme particulièrement graves et estime qu’elle ne présente pas de garanties suffisantes de représentation en justice. Une remise en liberté, selon lui, ferait courir un risque de collusion avec d’autres personnes encore non identifiées, d’éventuelles pressions sur des témoins, ou même la dissimulation de fonds issus des infractions. Pour ces raisons, son placement sous mandat de dépôt a également été requis, sur la base des articles du Code pénal et du Code de procédure pénale, ainsi que de la loi de février 2024 relative à la lutte contre le blanchiment.
Saisies et interdictions de sortie du territoire
Au-delà des mesures de détention, le parquet a demandé au juge d’instruction d’ordonner l’interdiction de sortie du territoire pour l’ensemble des inculpés et la saisie conservatoire de leurs biens. Les sociétés Ellipse Projects et SCI Pharaon sont également concernées par ces mesures.
Le juge a, dans ce cadre, sollicité la coopération des institutions financières pour identifier tous les comptes bancaires détenus par les inculpés, leurs proches ou toute personne sur les comptes desquels ils disposeraient d’un pouvoir de signature. De même, les conservateurs fonciers de Dakar et des autres régions devront dresser l’inventaire des immeubles immatriculés au nom des inculpés, de leurs épouses, enfants ou proches.
La Direction des Transports est également mise à contribution pour identifier les véhicules enregistrés, tandis que l’administrateur des greffes du Tribunal de commerce de Dakar a été chargé de recenser tous les fonds de commerce inscrits aux noms des personnes mises en cause.