Affaire des 125 milliards : Des perquisitions qui tombent sur des sièges fantômes et une ambassade
Dans le cadre de l’enquête sur des flux financiers jugés suspects, dépassant les 125 milliards de FCFA, révélés par un rapport explosif de la CENTIF, la Division des investigations criminelles (DIC) a procédé à une série de perquisitions ciblées sur ordre du juge du premier cabinet du Pool judiciaire financier (PJF). Mais les résultats de ces opérations confirment le caractère nébuleux de certaines structures citées dans le dossier. Selon Libération, les enquêteurs ont débuté leur tournée par les sièges de SOFICO et du Groupe Immobilier Suisse, deux sociétés officiellement liées à Tahirou Sarr. Ces locaux étaient bel et bien identifiables, mais rien n’a filtré sur leur contenu ou les éléments saisis. En revanche, les perquisitions qui ont suivi ont révélé des anomalies troublantes. À l’adresse déclarée des cabinets SCP Haba et SCP Doworou, censés être la propriété de Farba Ngom, les policiers ont découvert… des bureaux occupés par des agents de l’ambassade des États-Unis. Aucune trace des structures recherchées. À Derké, l’adresse censée abriter le siège de Kantong Investment Sasu, société enregistrée au nom d’Ismaïla Ngom, frère de Farba Ngom, n’existait tout simplement pas. Même scénario sur la rue Félix Éboué, où les policiers espéraient localiser Méga Plus Suarl, une entité épinglée dans le rapport de la CENTIF. Là encore, l’adresse mentionnée ne correspondait à aucun siège réel. Au terme de cette série de descentes, un constat s’impose : plusieurs structures mentionnées dans les circuits financiers suspects n’ont pas d’existence physique identifiable, ou sont introuvables aux adresses officielles. De quoi renforcer les soupçons de montages opaques et de stratagèmes de dissimulation dans cette affaire tentaculaire.