SCANDALE SOFTCARE: Moussa Diallo, l’inspecteur pharmaceutique, lanceur d’alerte, devenu gênant
L’affaire Softcare continue de faire des vagues et prend désormais des allures de règlement de comptes. À l’origine du scandale, un contrôle effectué le 16 décembre dernier par le Dr Moussa Diallo, directeur de l’Inspection pharmaceutique, ayant permis de découvrir près de 1 300 kg de matières premières périmées dans l’usine de fabrication de couches et de serviettes hygiéniques. Depuis cette révélation, l’inspecteur se retrouve sous une pression multiforme.
Plutôt que de s’expliquer sur les faits relevés, l’entreprise Softcare a choisi la contre-attaque judiciaire en déposant une plainte pour diffamation. D’après l’Observateur, la société rejette les accusations et évoque des motivations cachées de l’inspecteur. Une ligne de défense qui contraste avec la gravité des irrégularités signalées, d’autant que, rappele le journal, le Dr Diallo affirme avoir subi des tentatives de corruption pour étouffer l’affaire.
Parallèlement, sa propre hiérarchie à l’Agence de régulation pharmaceutique lui a adressé une demande d’explication officielle. Une initiative qui interroge, tant elle intervient au moment où l’inspecteur met en cause des dysfonctionnements internes. Pour plusieurs observateurs, le message est clair : le lanceur d’alerte est devenu encombrant.
Silence des autorités, inquiétude des consommateurs
Annoncée le 19 décembre, la mission conjointe des ministères de la Santé et du Commerce se fait toujours attendre. D’après le quotidien de Igfm, aucune communication officielle n’a encore été rendue publique, tandis que les produits Softcare restent présents sur le marché.
Ce mutisme des autorités alimente l’inquiétude des consommateurs et fragilise la confiance dans les mécanismes de contrôle sanitaire. Plus qu’un simple différend entre un inspecteur et une entreprise, l’affaire Softcare pose la question de la protection des lanceurs d’alerte et de la place accordée à la santé publique face aux intérêts économiques.