Scandale foncier à Dakar : le maire de Kaolack sort de sa réserve et dénonce des amalgames
L’affaire fait grand bruit et secoue le milieu politico-économique sénégalais. Depuis la publication, ce 16 janvier 2026, d’un article largement relayé évoquant un vaste scandale foncier à Dakar, les réactions se multiplient. Parmi les personnalités citées, le maire de Kaolack, Serigne Mboup, a décidé de rompre le silence pour apporter ce qu’il qualifie de « clarifications indispensables ».Dans une mise au point officielle, la mairie de Kaolack rejette catégoriquement toute implication de l’édile dans une quelconque affaire de spoliation foncière ou de montage financier frauduleux. Contrairement aux insinuations véhiculées, le terrain évoqué correspond, selon ses services, à l’assiette du centre commercial Touba Sandaga, acquis légalement à la fin des années 1990 lors de la liquidation de la société BATA. « Il s’agit d’un bien disposant d’un titre foncier régulièrement délivré, à l’issue de procédures administratives et notariales conformes à la loi », insiste la cellule de communication du maire.Une précision jugée nécessaire, au regard de la gravité des accusations contenues dans la plainte déposée par les héritiers de feu Mamadou Diagne. Ces derniers dénoncent la spoliation présumée de plusieurs hectares de terres familiales situées sur la route de Rufisque et dans la zone de Grand-Dakar, qui auraient été accaparées à travers des titres fonciers frauduleusement établis. L’enquête, ouverte par le parquet de Dakar et confiée à la Sûreté urbaine, vise plusieurs personnalités, dont l’ancien ministre et ex-directeur général du Port autonome de Dakar, Cheikh Kanté, le PDG du groupe Senico, Abdoulaye Dia, ainsi que Serigne Mboup.Face à cette tempête médiatique, le maire de Kaolack déplore une atteinte grave à son honneur et à sa réputation. Entrepreneur reconnu, responsable consulaire et élu local, Serigne Mboup se prévaut d’un parcours bâti, selon ses proches, sur le respect scrupuleux de la légalité et des institutions de la République. « L’associer à des accusations aussi lourdes, en l’absence de toute décision judiciaire, est inacceptable », martèle la mairie, qui se réserve le droit d’engager des poursuites pour diffamation.Pendant ce temps, les autres mis en cause affûtent également leur riposte. Visé par une enquête pour occupation illégale de terrains et faux en écriture publique, Cheikh Kanté a annoncé une sortie médiatique, aux côtés de son avocat, devant le Commissariat central de Dakar. L’ancien ministre affirme avoir acquis le terrain qui lui est reproché « dans les règles de l’art, le 25 juillet 2015, par-devant notaire » et promet de contre-attaquer judiciairement. Masse Sall, autre nom cité, a déjà produit lors de son audition des documents notariés et un titre foncier datant de 1950 pour attester de sa bonne foi.Les auditions devraient se poursuivre jusqu’à la fin du mois de janvier. Les enquêteurs de la Sûreté urbaine sont désormais attendus sur une expertise documentaire minutieuse, afin de démêler le vrai du faux dans ce conflit foncier aux enjeux financiers considérables