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Disparition de Serigne Issa Touré : un corps retrouvé dans un puits à Bambilor relance les spéculations

Accusé de détournement de mineurs et d’actes contre-nature, le marabout Serigne Issa Touré, porté disparu depuis plus d’un mois, aurait été retrouvé mort dans un puits à Bambilor. D’après l’Observateur qui donne l’information, une tentative d’inhumation discrète a été avortée par les autorités, alors que la thèse du suicide reste entourée de zones d’ombre.

Le mystère qui entoure la disparition du marabout Serigne Issa Touré semble s’éclaircir. L’Observateur dans son édition de ce jeudi 24 juillet, rapporte qu’hier mercredi, un corps en état de décomposition avancée a été découvert au fond d’un puits à Nguendouf, un village de la commune de Bambilor. Selon les premières constatations, il s’agirait bien de celui de Serigne Issa Touré, recherché depuis plus d’un mois dans le cadre d’une affaire de mœurs.

Tout avait commencé le jeudi 3 juin dernier. Ce jour-là, renseigne le journal, Serigne Issa Touré s’était rendu dans ses champs situés à Noflaye, en compagnie de plusieurs disciples. Après avoir partagé le thé jusque tard dans la nuit, il avait décidé d’aller seul faire un tour dans les champs. Il ne réapparaîtra plus. Le lendemain, poursuit la source du quotidien, les talibés, inquiets, organisent une battue et retrouvent à proximité d’un puits une paire de chaussures et un message rédigé en wolof : « Tagou naalène, mangui dem kaw assamanes » (« Je vous dis adieu, je m’en vais au ciel, Ndir »). Ce message avait laissé planer le doute entre suicide et fuite préméditée. Serigne Issa Touré était au centre d’un scandale judiciaire. Plusieurs de ses anciens disciples, regroupés en collectif, l’accusaient de détournement de mineurs et d’actes contre-nature. Une plainte formelle avait été déposée, et un avis de recherche lancé contre lui. Jusqu’à cette macabre découverte du 23 juillet, aucune piste n’avait abouti. À ce sujet, L’Obs avait révélé que la Division des investigations criminelles (DIC), saisie du dossier, suspectait un stratagème de disparition volontaire. Des témoignages faisaient état de mouvements suspects autour de ses daaras, tandis que des retraits d’argent effectués après sa disparition avaient été signalés.

Une tentative d’inhumation dans la discrétion. Ce sont des disciples du marabout, toujours mobilisés pour le retrouver, qui seraient tombés sur le corps au fond du puits. Face à l’état de décomposition avancé, ils auraient tenté de procéder rapidement à une inhumation discrète, sollicitant un imam local. Mais ce dernier refuse de conduire la prière mortuaire sans identification claire. L’affaire finit par parvenir aux gendarmes de la localité, qui saisissent le procureur de Rufisque. Le corps est alors acheminé vers une structure hospitalière. Toutefois, selon les mêmes sources, l’état de putréfaction pourrait rendre impossible toute autopsie, compliquant davantage l’établissement des causes réelles du décès. Comment le marabout a-t-il pu parcourir près de 11 kilomètres entre Noflaye et Bambilor sans être repéré ? A-t-il été aidé ? A-t-il fui ou a-t-il été victime d’un acte criminel maquillé en suicide ? Autant de questions en suspens.

Les partisans crient au complot, les victimes réclament justice

Quelques heures avant la découverte du corps, les fidèles de Serigne Issa Touré organisaient une conférence de presse à la mosquée de l’Unité 13 des Parcelles Assainies. Dirigeant d’un vaste réseau de daaras affiliés à la fédération Sope Nabi, le marabout y était défendu avec ferveur. Pour Alioune Badara Thiombane, leur porte-parole, les accusations portées contre lui relèveraient d’une machination destinée à briser la réputation d’un homme « entièrement dévoué à Dieu, à l’enseignement religieux et à l’éducation de la jeunesse ». Ils demandaient l’ouverture d’une enquête « indépendante et impartiale », espérant que son honneur serait lavé.Mais cette requête pourrait désormais rester lettre morte. Si le corps retrouvé est bien celui du marabout, les procédures judiciaires en cours risquent de s’éteindre. Les présumées victimes, elles, redoutent de ne jamais obtenir réparation ni connaître la vérité sur les faits qu’elles dénoncent.

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