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CNRA, insultes, confusion des rôles : Alioune Sall et Cheikh Bara Ndiaye s’écharpent en plein hémicycle

L’hémicycle a encore vibré hier, non pas sous le poids d’un texte de loi, mais sous celui d’un vif accrochage entre le ministre de la Communication, Alioune Sall, et le député Cheikh Bara Ndiaye. Au cœur de la discorde : les responsabilités du ministère et celles du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Et les mots ont dépassé la simple mise au point.

Face aux attaques du parlementaire, le ministre a haussé le ton. « Il y a une confusion grave entre les prérogatives du ministère que je dirige et celles du CNRA », a-t-il recadré d’entrée, avant de dénoncer ce qu’il qualifie de désinformation.
Très remonté, Alioune Sall rappelle : « L’honorabilité ne se présume point. Quand on porte la parole du peuple, on se renseigne avant de s’exprimer. Les députés qui votent les lois ne doivent pas les ignorer. »

« Le CNRA n’est pas sous ma tutelle ! »

Pour couper court à toute polémique, le ministre expose ce qu’il considère comme une vérité ignorée du député : le CNRA n’est ni sous la tutelle, ni sous l’autorité du ministère de la Communication, mais rattaché directement à la Présidence de la République.

Il balaie ensuite les accusations de complaisance face aux insultes ou dérives médiatiques :
« Dire qu’on insulte un tel et que le ministre ne fait rien, c’est de la désinformation. Je pensais que c’était juste du bavardage de réseaux sociaux. Mais quand ça arrive dans l’hémicycle, c’est grave. »

Autre précision majeure : le CNRA ne régule que la radio et la télévision. Les réseaux sociaux, eux, relèvent d’un cadre juridique encore flou, malgré quelques dispositions dans le Code pénal. « Il existe des zones grises que nous devons clarifier », admet Alioune Sall, invitant les députés à mieux maîtriser les textes qu’ils adoptent.

« Si le CNRA était un tribunal, tu serais le premier à la barre ! »

Piqué au vif, Cheikh Bara Ndiaye n’a pas tardé à décocher ses flèches. Pour lui, le ministre cherche surtout à se dédouaner des maladresses du CNRA. « Alioune Sall, le CNRA ne juge ni le prix du ciment, ni celui du sel, ni celui des denrées. Qu’il se limite à sa mission et rien d’autre », lance-t-il, mordant. Avant d’enchaîner avec une attaque frontale :
« Si le CNRA était un tribunal, tu serais le seul citoyen qu’il devrait appeler à la barre ! » . Le député accuse le ministre de fuir ses responsabilités et de mal comprendre le rôle qui lui a été confié.
« Si, en tant que ministre, tu te décharges des erreurs du CNRA, alors tu confirmes une chose : tu n’as toujours pas compris ta mission », martèle-t-il, sous les murmures de l’hémicycle.

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