Budget 2026 : Cheikh Diba plaide pour une gestion transparente et une dette soutenable
L’Assemblée nationale a examiné, ce vendredi, le projet de budget 2026 du ministère des Finances et du Budget, dans un climat marqué par les interrogations persistantes des députés sur la situation de la dette publique.
Prenant la parole, le ministre Cheikh Diba a d’abord salué la qualité des échanges et l’esprit de responsabilité des parlementaires. Il a rappelé le rôle central de la loi organique relative aux lois de finances ainsi que du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP), véritable boussole de la planification budgétaire sur trois ans.
Reconnaissant la gravité de la situation, le ministre n’a pas éludé les difficultés. « La dette est sérieuse, voire préoccupante, mais elle n’est ni cachée ni irréversible », a-t-il assuré. Selon lui, le gouvernement a opté pour une transparence totale, matérialisée par un audit exhaustif des engagements de l’État, leur certification par la Cour des comptes et la publication des résultats. L’objectif affiché est clair : restaurer la crédibilité des finances publiques, garantir la soutenabilité de la dette et mobiliser les ressources nécessaires au financement des priorités nationales, sans hypothéquer l’avenir du pays.
Un audit pour lever toute ambiguïté
Pour répondre aux critiques sur le manque de visibilité budgétaire, Cheikh Diba a expliqué que l’Inspection générale des finances (IGF), en collaboration avec les directions concernées, a conduit un audit approfondi sur une période de 90 jours, couvrant l’ensemble des engagements financiers de l’État. Ce travail, certifié par la Cour des comptes et rendu public conformément à la loi, permet d’avoir une vision globale et précise de la dette, tant intérieure qu’extérieure, et d’anticiper les besoins de financement de manière plus réaliste.
Le ministre a également souligné que la dette sénégalaise se répartit aujourd’hui de manière équilibrée entre dette intérieure et dette extérieure. Si la première suscite des inquiétudes, elle reste majoritairement détenue par des acteurs nationaux, ce qui en fait, selon lui, un instrument de financement relativement sécurisé. Il a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer la discipline budgétaire, d’accroître la mobilisation des recettes et de mieux maîtriser les dépenses, afin de préserver la solvabilité et la liquidité de l’État, tout en soutenant des perspectives de relance économique
Pour finir, Cheikh Diba a appelé à dépasser les clivages politiques pour se concentrer sur l’essentiel : la réussite de l’exercice budgétaire et le rétablissement de la confiance des partenaires financiers. « La situation est difficile, mais elle est récupérable », a-t-il martelé, invitant l’ensemble des acteurs à faire de cette période délicate une opportunité pour consolider la stabilité économique du Sénégal.