FINANCEMENT DU NOUVEAU PROGRAMME 2026-2029Le FMI ouvre la voie aux 2 200 milliards de dollars pour le Sénégal
Le Sénégal tient enfin son nouvel accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Après plusieurs mois de discussions, les autorités sénégalaises et les services du Fonds sont parvenus à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques devant servir de socle à un nouveau programme de 36 mois. À la clé : une enveloppe d’environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), équivalant à 475 % de la quote-part du Sénégal. Mais derrière cette annonce, plusieurs conditions restent à lever avant le déblocage effectif des financements.
UN ACCORD, MAIS PAS ENCORE LE DERNIER MOT
L’annonce a été faite ce mardi par Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal. Selon elle, les autorités sénégalaises et les équipes du Fonds sont parvenues à un « Staff-Level Agreement » portant sur les principales politiques économiques susceptibles de soutenir le programme de réformes du gouvernement pour la période 2026-2029.Ce nouveau programme, prévu sur 36 mois, doit être financé dans le cadre de la Facilité de crédit élargie (FEC). Le montant annoncé avoisine les 2,2 milliards de dollars. Une bouffée d’oxygène financière pour l’État sénégalais, confronté à d’importants besoins de financement et à la nécessité de restaurer la confiance des partenaires techniques et financiers.Mais l’accord conclu entre les équipes techniques ne vaut pas encore validation définitive. Le dossier doit désormais franchir deux étapes majeures : l’approbation de la Direction du FMI, puis celle du Conseil d’administration de l’institution.
L’autre enjeu, et non des moindres, concerne le dossier de déclaration erronée d’informations (« misreporting »). Le FMI conditionne en effet l’approbation du nouveau programme à la mise en œuvre de mesures correctives décisives.Ces mesures doivent permettre au Sénégal d’appuyer sa demande de dérogation (« waiver ») dans ce dossier. Autrement dit, même si l’accord de principe est désormais acquis au niveau des services du Fonds, le chemin vers l’approbation définitive reste conditionné au règlement des exigences liées aux informations financières précédemment communiquées. Le gouvernement devra donc transformer cet accord technique en validation formelle. Une étape particulièrement scrutée, tant les relations entre Dakar et le FMI ont été marquées ces derniers mois par les révélations sur les chiffres des finances publiques et par les discussions autour de la fiabilité des données transmises à l’institution.
UN NOUVEAU TEST POUR LE GOUVERNEMENT. Au-delà du montant spectaculaire annoncé, ce nouveau programme constitue surtout un test de crédibilité pour les autorités sénégalaises. Sur la période 2026-2029, le gouvernement devra mettre en œuvre les réformes économiques et financières convenues avec le Fonds, tout en répondant aux exigences de transparence et de correction des données.L’enjeu dépasse ainsi la seule mobilisation des financements. Pour Dakar, il s’agit désormais de convaincre sur sa capacité à assainir durablement les finances publiques, restaurer la confiance et respecter les engagements pris dans le cadre du nouveau programme. L’annonce du FMI constitue donc une étape majeure. Mais elle ne marque pas encore l’arrivée des fonds dans les caisses de l’État. Le Sénégal a obtenu l’accord de ses interlocuteurs techniques. Il lui reste désormais à franchir l’étape décisive de l’approbation du Conseil d’administration, avec, en préalable, la mise en œuvre des mesures correctives exigées dans le dossier du « misreporting ». Corriger l’unité du montant annoncé