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Réforme électorale au Sénégal : 88 % des citoyens réclament un changement du mode d’élection des députés et des maires.

Une vaste enquête nationale menée auprès de 1 024 Sénégalais révèle une forte aspiration à une réforme du système électoral. Les citoyens demandent davantage de légitimité démocratique, une meilleure représentativité des élus et un lien plus direct entre les représentants et les populations.

Réalisée par DILAM GROUP SA entre le 20 et le 30 mai 2026, cette étude nationale sur la perception du mode d’élection des députés et des maires met en lumière une tendance forte : les Sénégalais souhaitent moderniser les règles électorales afin de renforcer la confiance dans les institutions démocratiques.

Selon les résultats, 87,5 % des répondants se déclarent favorables à une réforme du système électoral, estimant que les mécanismes actuels ne reflètent pas toujours fidèlement la volonté populaire.

Une exigence de majorité pour renforcer la légitimité des élus

L’un des enseignements majeurs de l’étude concerne la question de la légitimité démocratique. Trois Sénégalais sur quatre considèrent qu’un député élu avec seulement 20 à 30 % des suffrages exprimés ne dispose pas d’une légitimité suffisante pour représenter la population.

Cette perception se traduit par un soutien massif à l’introduction d’un scrutin majoritaire à deux tours pour les élections législatives, approuvé par 75 % des personnes interrogées.

La même logique s’applique aux élections municipales. 68,8 % des répondants souhaitent l’instauration d’un second tour pour l’élection des maires, afin que ceux-ci bénéficient d’un mandat reposant sur une majorité absolue des voix.

Pour les citoyens, la légitimité électorale constitue désormais une condition essentielle pour renforcer l’autorité des élus et l’acceptation des résultats électoraux.

Les listes nationales fortement critiquées

L’enquête met également en évidence une remise en question importante du système de représentation proportionnelle nationale.

Près de 69 % des répondants estiment que les listes nationales favorisent principalement les chefs de partis politiques, tandis que 62,5 % considèrent problématique l’élection de députés en raison de leur simple position sur une liste fermée.

Plus marquant encore, 93,8 % des citoyens rejettent l’idée qu’un député puisse être élu sans véritable ancrage territorial. Les Sénégalais souhaitent que leurs représentants soient identifiables, proches des réalités locales et directement redevables devant les électeurs.

Cette demande de proximité s’accompagne d’un soutien fort à plusieurs réformes :

  • ouverture des listes électorales ;
  • meilleure visibilité des candidats ;
  • critères plus transparents de sélection ;
  • renforcement de l’ancrage territorial des députés.

Une démocratie plus proche des citoyens

L’étude révèle également une défiance préoccupante envers le système actuel. Près d’un citoyen sur deux affirme ne pas faire confiance aux élus issus des mécanismes électoraux actuels.

Par ailleurs, 94 % des répondants considèrent totalement ou partiellement que le système actuel favorise l’abstention électorale. À l’inverse, 62,5 % déclarent qu’ils seraient davantage motivés à voter si les élus devaient obligatoirement obtenir plus de 50 % des suffrages pour être élus.

Pour les participants, une réforme électorale pourrait contribuer à :

  • renforcer la légitimité des élus (72,2 %) ;
  • accroître la confiance citoyenne (66,7 %) ;
  • stimuler la participation électorale (44,4 %).

Une aspiration à une démocratie plus transparente

Au-delà des aspects techniques du scrutin, les résultats traduisent une évolution profonde des attentes citoyennes. Les Sénégalais souhaitent une démocratie plus transparente, plus représentative et davantage centrée sur le choix direct des électeurs.

L’étude souligne notamment l’émergence d’une citoyenneté plus exigeante, réclamant :

  • une meilleure représentativité des institutions ;
  • davantage de transparence dans la sélection des candidats ;
  • une plus grande responsabilité des élus ;
  • un renforcement du contrôle citoyen sur la vie publique.

Vers un débat national sur la réforme électorale

Pour DILAM GROUP SA, les résultats constituent une contribution importante au débat sur l’avenir des institutions représentatives du Sénégal.

La réforme du mode d’élection des députés et des maires apparaît désormais comme une préoccupation largement partagée. Les citoyens expriment clairement leur volonté de voir émerger un système capable de concilier quatre objectifs essentiels : légitimité démocratique, représentativité politique, stabilité institutionnelle et participation citoyenne.

L’étude conclut ainsi que le défi n’est plus seulement électoral. Il s’agit avant tout de renforcer durablement la confiance entre les citoyens et leurs institutions, condition indispensable à la consolidation de la démocratie sénégalaise.

TASS XIBAAR

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