PAPE CHEIKH DIALLO : LES SECRETS D’UNE PREMIÈRE AFFAIRE QUI REFONT SURFACE
Bien avant les derniers développements qui agitent l’opinion, le nom de Pape Cheikh Diallo avait déjà atterri dans les registres de la Division spéciale de cybersécurité (Dsc). C’était en mars 2019. Cette fois-là, l’animateur n’était pas visé : il était plaignant. Selon des informations confirmées, il avait saisi les enquêteurs pour collecte illicite de données personnelles et chantage visant un certain Cheikh Diop. Au cœur du dossier : des vidéos à caractère intime. D’après l’enquête, des sextapes montrant l’animateur dans des postures explicites, dont certaines où il exhibait son intimité, avaient été envoyées à deux de ses proches. L’objectif présumé visé par le mis en cause était de faire pression, en menaçant Pape Cheikh Diallo de les publier. Convoqué, Cheikh Diop ne s’était pas démonté. Face aux policiers, il avait soutenu que l’animateur était sa « copine » et qu’il l’entretenait, allant jusqu’à lui payer un appartement aux Almadies. Plus grave encore, il l’accusait de l’avoir « trahi » après lui avoir transmis le VIH. Lors de la confrontation, il avait maintenu ses déclarations et reconnu avoir diffusé les images dans l’unique but, selon ses mots, de « faire revenir » sa « copine ». Placé brièvement en garde à vue, il avait vu le dossier transmis en l’état au parquet. Aujourd’hui, l’affaire connaît un nouvel élan. La Brigade de recherches de Keur Massar a élargi le champ des investigations. Les enquêteurs « fouillent » plusieurs groupes WhatsApp présentés comme des espaces d’échanges entre homosexuels, au sein desquels les mis en cause auraient « chassé » de potentielles cibles. Dans le même temps, un autre réseau composé de cinq personnes, suspectées d’actes contre nature et de transmission du VIH, a été démantelé entre Touba et Mbacké. Le premier suspect, A.D., 36 ans, a été arrêté à Touba. Les investigations ont conduit à l’interpellation de quatre autres personnes, dont un menuisier métallique, un tailleur et un commerçant, appréhendés à Mbacké. Des préservatifs et du lubrifiant auraient été saisis lors des perquisitions.
Les mis en cause auraient reconnu les faits. Ils ont été placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, actes contre nature et mise en danger de la vie d’autrui. Le procureur près le Tribunal de grande instance de Diourbel a été saisi. L’enquête se poursuit.