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Dette cachée : les méthodes déroutantes du régime de Macky Sall enfin mises en lumière

Comment la dette publique du Sénégal a-t-elle pu grimper jusqu’à 120 % du PIB, comme l’a récemment affirmé Ousmane Sonko, sans que l’opinion – ni même une partie des spécialistes – ne s’en aperçoive ? Dans une enquête fouillée, Jeune Afrique dévoile les mécanismes qui ont permis cette explosion silencieuse.Selon le média panafricain, le Sénégal de l’ère Macky Sall s’est progressivement affranchi des normes habituellement en vigueur sur les marchés financiers. Pour séduire les banques locales et obtenir des crédits à des conditions avantageuses, l’État offrait sa garantie souveraine à des établissements privés, une pratique lourde de risques en cas de défaillance de remboursement.Un haut fonctionnaire sénégalais raconte comment les procédures classiques ont été méthodiquement contournées.Autrefois, seul le ministre des Finances avait le pouvoir de débloquer des fonds publics, et l’ouverture d’un compte bancaire au nom de l’État nécessitait l’autorisation du directeur du Trésor ou de la Comptabilité publique.« Ces garde-fous ont été démantelés petit à petit. On a commencé à accepter des financements en dehors du budget, à antidater des contrats, à modifier des lignes comptables… Sans discipline rigoureuse, il devient beaucoup plus simple de manipuler les chiffres », confie-t-il.L’opacité s’est accentuée concernant la dette extérieure. Une analyse du Finance for Development Lab, publiée le 6 décembre, montre un écart grandissant entre les montants déclarés par l’administration Sall et la réalité.En 2023, par exemple, le Sénégal signalait 17 milliards de dollars de dette extérieure à la Banque mondiale, alors que l’encours réel atteignait 22,5 milliards. Soit 5,5 milliards de dollars “évaporés” en une seule année. Au total, la dette cachée avoisinerait 13,3 milliards de dollars.Cette stratégie avait un objectif clair : préserver une image rassurante de la situation financière du pays afin de continuer à emprunter sur les marchés internationaux à des taux attractifs, tout en maintenant l’accès aux prêts concessionnels des bailleurs.« L’administration de Macky Sall a volontairement occulté le niveau réel de l’endettement. Elle savait, mais a choisi de faire comme si », affirme Jeune Afrique.Des proches de l’ancien président avancent une autre explication : un emballement des investissements, particulièrement durant la fin de son second mandat, à une période où Macky Sall envisageait encore de briguer un troisième.

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