« Combine leu… » : À l’Assemblée, Sonko charge Embalò et doute du “coup d’État” en Guinée-Bissau
À l’Assemblée nationale, ce vendredi, Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots. Interpellé lors de la séance des questions d’actualité, le Premier ministre a livré une lecture sans détour de la situation explosive en Guinée-Bissau. Et pour lui, le scénario d’un putsch avorté ne convainc guère.« Li khew Guinée-Bissau nieup kham nagnu né combine leu », a lancé Sonko, affirmant que « tout le monde sait que ce qui s’est passé en Guinée-Bissau est une combine ». Une charge à peine voilée contre le président déchu Umaro Sissoco Embalò, régulièrement accusé par l’opposition bissaoguinéenne d’instrumentaliser les crises institutionnelles pour se maintenir aux commandes. Le chef du Gouvernement sénégalais, qui ne s’était jusque-là pas exprimé de manière aussi directe sur cette crise, rejoint ainsi le camp de ceux qui soupçonnent une mise en scène destinée à justifier une reprise en main du pouvoir.Sonko a également appelé à une reprise intégrale du processus électoral dans le pays voisin. « Il faut aller au bout du processus et que la commission électorale proclame le vainqueur », a-t-il insisté, citant notamment le cas de Domingos Simões Pereira, arrêté alors qu’il n’était même pas candidat, « privé de ses médicaments » selon lui. Sur la CEDEAO, Ousmane Sonko est resté fidèle à sa ligne critique, laissant entendre que l’organisation sous-régionale, déjà contestée sur plusieurs fronts, n’inspirait guère confiance sur ce dossier : « Pour ce qui est de la Cedeao, vous savez ce que j’en pense », a-t-il glissé, sous les murmures de l’hémicycle. Cette sortie, très commentée à l’Assemblée, risque de faire réagir à Bissau où les autorités de transition tentent encore de légitimer leur version des faits. Mais à Dakar, Sonko assume : pour lui, la crise bissau-guinéenne porte toutes les marques d’une opération politique soigneusement orchestrée.