Sénégal : Le Pays des Militants Tapageurs et des Citoyens Oubliés.
En cette période de profonde turbulence politique, où militantisme et activisme s’imposent bruyamment dans l’espace public, une réalité s’impose : la masse silencieuse sénégalaise ne sait plus à quel saint se vouer. Cette frange majoritaire, souvent oubliée, demeure pourtant l’ossature de toute alternance, la force réelle derrière chaque changement.
D’alternance en alternance, de Wade à Macky Sall, et aujourd’hui sous l’ère Pastef, cette population continue d’être reléguée au second plan au profit d’un activisme politique effréné. Une minorité de militants surexcités semble s’être arrogé le droit de parler au nom de tout un peuple, comme si le Sénégal était un bien personnel à administrer et à partager selon des loyautés partisanes.
Malgré l’espoir de rupture porté par les nouveaux dirigeants, un phénomène bien connu persiste : le « Doungourisme ». Cette pratique consistant à encenser à outrance les autorités – ministre, directeur général ou président – continue de prospérer. Pire encore, certains individus, peu soucieux de l’éthique politique, s’imaginent servir leur parti alors que leurs comportements nuisent clairement à son image.
Encouragés et applaudis par leurs pairs, ils multiplient sorties maladroites, attaques personnelles et discours creux, confondant engagement politique et agitation stérile. Leur communication, souvent approximative et émotionnelle, donne davantage l’impression d’un spectacle que d’un véritable débat d’idées.
Le Sénégal traverse une période économiquement délicate. Pourtant, au lieu de propositions constructives, certains acteurs s’investissent principalement dans les déballages, les accusations ou les querelles d’ego. Ils occupent les plateaux et chaînes en ligne, souvent davantage motivés par le désir de plaire à leur camp que par la recherche du bien commun.
Plus préoccupant encore, certains tentent même de s’identifier à Ousmane Sonko, alors même que celui-ci a rappelé à plusieurs reprises qu’il rejetait les propos irrespectueux et les dérives verbales. Laisser ces comportements prospérer pourrait donner l’impression qu’ils sont tolérés, voire validés.
L’épisode récent impliquant un intervenant se faisant appeler « Sa Wolof », auteur de propos irrespectueux envers l’intellectuel Pape Mahtar Kébé, illustre parfaitement cette dérive. Ce type d’attitude, répétée, banalise la violence verbale et fragilise le débat public.
De nombreux observateurs estiment que certains militants confondent politique et ascension personnelle. L’idolâtrie remplace l’analyse, la loyauté aveugle supplante l’esprit critique. Les mêmes causes produisent les mêmes effets : ce qui a fragilisé les régimes précédents risque de menacer celui-ci si les dérives ne sont pas corrigées.
À Ousmane Sonko, beaucoup rappellent que le Sénégal est une nation fragile, qui a besoin d’unité, de sérénité et de hauteur. Canaliser les discours, condamner clairement les excès et rappeler les principes de respect et de cohésion apparaît aujourd’hui indispensable.
Car la masse silencieuse, elle, observe. Elle écoute. Elle analyse. Et elle se prononce toujours avec raison au moment opportun.
Les attaques répétées contre le Président Bassirou Diomaye Faye, notamment celles du député Bara Ndiaye, ont choqué de nombreux citoyens attachés aux valeurs républicaines. Beaucoup y voient des tentatives d’exploiter les nuances entre le Président et Ousmane Sonko pour créer des fissures artificielles, dans une démarche perçue comme opportuniste et contre-productive.
Ce type de comportement ne contribue ni à l’apaisement, ni à la stabilité, ni à l’indispensable travail gouvernemental attendu par les populations.
Pendant que certains s’égarent dans des invectives, les défis réels, eux, s’aggravent :
- chômage endémique des jeunes,
- inflation persistante,
- stagnation des opportunités économiques,
- espoirs déçus d’une amélioration rapide du quotidien.
L’urgence pour le Sénégal n’est pas dans les polémiques, mais dans l’action. C’est pourquoi beaucoup appellent Ousmane Sonko à privilégier la collaboration constructive avec le Président Bassirou Diomaye Faye, à ignorer les voix extrémistes qui prônent la division et cherchent à tirer profit des tensions internes.
Ceux qui se réclament bruyamment du « projet » ne sont souvent mus que par leurs propres intérêts. L’histoire politique récente du pays l’a suffisamment démontré.
Ousmane Sonko demeure, pour une large partie de la population, une figure centrale du changement. Mais cette même population attend un leadership orienté vers l’apaisement, la cohésion et les solutions concrètes. Les dérives verbales sur TikTok, Facebook ou YouTube ne servent ni la République ni ceux qui se réclament de lui.
Les Sénégalais veulent :
- une baisse du coût de la vie,
- de l’emploi,
- de l’espoir,
- moins de bruit et plus de résultats.
Or, sur le terrain, certains ministres, directeurs ou maires semblent consacrer plus d’énergie à la communication politicienne qu’à l’action publique. Plusieurs élus locaux, pourtant appuyés par Ousmane Sonko, ont d’ailleurs échoué là où les populations attendaient des transformations tangibles.
Il est urgent de revenir à l’essentiel : le travail, la responsabilité, la gouvernance, l’unité. Car le Sénégal ne peut avancer avec le vacarme des extrêmes ; il progressera toujours avec la sagesse de sa masse silencieuse.
TASS XIBAAR