Olivier Boucal sur l’affaire Badara Gadiaga: « Ce que certains appellent liberté d’expression n’est souvent qu’un règlement de comptes »
Intervenant sur le plateau de l’émission Opinions diffusée sur la RTS 1, le ministre Olivier Boucal a livré une réflexion à la fois personnelle et percutante sur les dérives actuelles du débat public. Dans un ton grave, il est revenu sur la violence de certaines prises de parole médiatiques, qu’il qualifie de profondément injustes et destructrices.
« Moi, je veux aller plus loin dans cette réflexion », a-t-il entamé. Et de rappeler un épisode récent :
« On a vu Bouba Ndour, pour ne pas le nommer, fondre en larmes en parlant de son frère. Pourtant, personne ne l’avait insulté. Il n’avait même pas été visé directement. On avait simplement évoqué son groupe, sans même citer de nom. Et cela a suffi à le bouleverser. »
Pour le ministre, cet épisode en dit long sur la puissance des mots :
« Si une simple allusion peut heurter à ce point, imaginez ce que ressent quelqu’un qu’on insulte publiquement, qu’on caricature ou qu’on traîne dans la boue jour après jour. »
Il dénonce une hypocrisie ambiante, une indignation sélective :
« Ceux qui aujourd’hui s’indignent sont souvent les mêmes qui, hier, gardaient le silence — ou participaient — quand on piétinait l’honneur des autres. »
Prenant la défense du Premier ministre Ousmane Sonko, Olivier Boucal affirme sans détour :
« Ousmane Sonko est la cible d’attaques d’une violence inouïe dans ce pays. Et toute personne attachée à une justice équitable devrait pouvoir le reconnaître, quelles que soient ses convictions politiques. »
Le ministre alerte également sur les dérives de certains discours médiatiques :
« Aujourd’hui, sous prétexte de liberté d’expression, certains vont beaucoup trop loin. Et le plus grave, c’est qu’ils n’assument même pas leurs propos. Ils les modulent selon les audiences. C’est bien la preuve qu’ils savent qu’ils dépassent les bornes. »
Tout en rappelant l’importance du respect des institutions, Olivier Boucal insiste :
« Cette exigence démocratique ne doit pas être utilisée pour faire taire les critiques ou pour installer un système de deux poids, deux mesures. »
Faisant référence à sa propre expérience de détention, il ajoute :
« J’ai été emprisonné pour avoir simplement appelé à la vigilance face aux dérives. Aujourd’hui, certains se permettent de salir publiquement des familles entières, sans qu’aucune conséquence ne suive. »
Le ministre évoque aussi le cas du chroniqueur Badara Gadiaga, actuellement au cœur d’une procédure judiciaire :
« Il a lui-même déclaré qu’il avait un combat à mener. Il faut alors qu’il en assume les conséquences. La justice ne doit pas être à géométrie variable. »
Enfin, Olivier Boucal rappelle la distinction fondamentale entre critique et insulte :
« Il y a une ligne claire entre affirmer une position et proférer une injure. Aujourd’hui, trop de gens franchissent cette ligne délibérément. »