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Un retraité de l’ancienne Sotrac, floué de 500 millions par un faux marabout : M. Baldé de nouveau devant la justice

C’est une affaire à la fois troublante et poignante, révélée par Libération. Un homme présenté comme marabout et tradipraticien, M. Baldé, est poursuivi pour escroquerie et charlatanisme, pour un montant total qui avoisinerait 1 milliard 83 millions de francs CFA. Parmi ses victimes figure A. K. Bengeloune, un retraité de l’ancienne société nationale de transport public Sotrac, décrit comme un homme intègre, pieux et profondément confiant. Aujourd’hui âgé, A. K. Bengeloune avait travaillé toute sa vie dans la dignité, avant de prendre une retraite modeste, espérant vivre paisiblement ses vieux jours. Selon Libération, c’est un homme respecté dans son quartier, apprécié pour sa courtoisie et sa discrétion. C’est aussi un croyant sincère, qui cherchait avant tout à trouver un soulagement à ses douleurs de santé lorsqu’il a été mis en contact avec M. Baldé par l’entremise d’un ami. Ce qui devait être une simple quête spirituelle s’est rapidement transformé en un engrenage. Le retraité affirme que, sous l’emprise du marabout, il a été entraîné dans des rituels mystiques, des retraites spirituelles coûteuses, notamment en Gambie, censées lui garantir guérison, succès et richesse. Peu à peu, il aurait été convaincu d’investir dans un supposé projet d’exploitation d’or avec des partenaires saoudiens, une opération qui s’est révélée fictive. Durant plusieurs années, A. K. Bengeloune a remis à M. Baldé d’importantes sommes d’argent, jusqu’à 500 millions de francs CFA, selon sa plainte, parfois en espèces à son domicile de Liberté 6, parfois via ses proches, ou encore par transfert mobile. Aujourd’hui encore, le retraité peine à comprendre comment il a pu être autant manipulé. Il confie avoir eu la sensation d’être envoûté, complètement sous l’influence d’un homme qu’il considérait comme un guide spirituel. Ce n’est qu’après l’arrestation de M. Baldé dans une autre affaire similaire, et un échange avec un agent de la DIC, que le plaignant dit avoir « retrouvé ses esprits ». Il a alors décidé de porter plainte, rejoignant ainsi Mb. Lèye, une autre victime présumée, qui réclame de son côté 583 millions de francs CFA à l’accusé. Interpellé, M. Baldé nie l’essentiel des faits. Lors de son audition, il a reconnu avoir reçu de l’argent, mais seulement 13 millions de francs CFA, qu’il présente comme un simple adiya, un don volontaire à caractère religieux. Placé sous mandat de dépôt dans le cadre de la première plainte, M. Baldé a été extrait de prison et de nouveau déféré par la DIC devant le parquet pour les accusations formulées par A. K. Bengeloune. L’enquête se poursuit.

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